Les appels aux dons de Dieudonné pourraient être un moyen de... payer ses amendes (vidéo)

Le fait «d’ouvrir ou d’annoncer publiquement des souscriptions ayant pour objet d’indemniser des amendes, frais et dommages-intérêts prononcés par des condamnations judiciaires» est passible de six mois d’emprisonnement et de 45.000 euros d’amende.

Cette enquête, annoncée par BFMTV, a été lancée la semaine dernière après un signalement de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) qui faisait état de vidéos en ligne dans lesquelles Dieudonné lançait un appel aux dons, selon la source judiciaire.

Dieudonné a été condamné à plusieurs reprises, notamment pour antisémitisme ou injures raciales, mais aussi pour quelques délits routiers. Début janvier, des sources judiciaires avaient indiqué qu’il n’avait alors acquitté le montant d’aucune amende, dont le total cumulé s’élève à 65.290 euros, dont plus de 37.000 en condamnations définitives.

Dieudonné a récemment été au centre d’un bras de fer avec le gouvernement, qui réclamait l’interdiction de son spectacle Le Mur. Pour la première fois, le Conseil d’Etat, la plus haute instance administrative française, a interdit un «one man show» du comédien, au nom de l’ordre public et du respect de la dignité humaine.

L’humoriste demeure au coeur de plusieurs procédures judiciaires.

Il est notamment visé par une enquête préliminaire conduite par le parquet de Paris pour «organisation frauduleuse d’insolvabilité», «blanchiment» et «abus de biens sociaux». Initiées par le parquet de Chartres, ces investigations portent notamment sur des mouvements de comptes suspects autour des comptes de l’artiste.

Un juge parisien est également saisi d’une instruction pour «organisation frauduleuse d’insolvabilité» après une plainte de la Licra.

Fin décembre, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour «incitation à la haine raciale» sur les propos antisémites de Dieudonné visant le journaliste de France Inter Patrick Cohen.

Dieudonné sera par ailleurs jugé à Paris pour avoir injurié le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, qu’il avait qualifié dans une vidéo sur internet de «Mussolini moitié trisomique».

De son côté, l’artiste a notamment saisi la Cour de justice de la République (CJR) d’une plainte contre M. Valls à la suite de propos du ministre à son encontre. Ses avocats ont par ailleurs annoncé de nombreuses plaintes en diffamation contre ses détracteurs.