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Davy Roef, le «sans-grade» passé avec bonheur de l’ombre à la lumière

Une finale de Coupe, c’est souvent l’occasion, pour certains « sans-grades », comme Davy Roef, de connaitre leur quart d’heure de gloire warholien.

Bien qu’il n’appartienne pas exactement à cette caste – cela fait tout de même un peu plus de 10 ans qu’il est professionnel dans notre pays –, le portier gantois n’est pas à proprement parler un joueur « bling-bling », l’un de ces gardiens à grande gueule qui ne boxent pas que les ballons sur leur passage. Et pourtant, c’est bel et bien lui qui avait récemment obtenu la préséance sur Van Crombrugge pour venir compléter le groupe des Diables suite au forfait de Casteels. Et c’est encore lui qui, après avoir déjà excellé lors de la victoire contre le Sporting en championnat il y a un mois, a mis une nouvelle fois son ancien club à genoux, lundi après-midi. « Que ce soit Anderlecht, Bruges ou le Standard en face importait peu, expliquait le héros du jour. Cela fait longtemps que j’ai quitté le club. »

Formé en grande partie à Neerpede, Davy Roef a dû s’habituer avec le temps à jouer les doublures de luxe. A accepter les moqueries parfois gentilles, parfois acerbes de ceux qui ne le connaissent pas vraiment. A 28 ans, le portier anversois est pourtant un joueur talentueux, un humain attachant qui a besoin de temps pour s’imposer. Pour en imposer. C’est dire s’il a savouré à sa juste valeur cette victoire en Coupe dont il a été l’un des acteurs majeurs. Laissé quasiment au chômage technique avant que ne débute la loterie des tirs au but, il a réveillé la bête qui était en lui pour en sortir vainqueur en cochant les bons numéros, ceux de Cullen (8) puis de Murillo (62). Cela faisait pourtant quatre ans qu’il n’en avait plus arrêté un seul pénalty. « Ce qui se comprend aisément par le fait que je n’ai pratiquement pas joué ces trois dernières saisons, expliquait-il dans un grand éclat de rire. Si je n’ai pas eu beaucoup de boulot à effectuer, c’est grâce à notre excellente organisation défensive et collective. Moi, j’ai juste fait mon boulot en stoppant deux tentatives anderlechtoises. Cette semaine, j’avais visionné les images de chacun des tireurs potentiels…

À ce moment décisif, c’était clair, Roef était « on fire » comme aiment à le répéter ses supporters. A Anderlecht où il n’a accumulé que 34 rencontres professionnelles dans l’ombre de Proto mais aussi de Boeckx, Didillon ou Kaminski, Roef n’avait que trop rarement endossé le costume de héros. A Gand, après avoir retrouvé un peu de plaisir de jeu à Waasland-Beveren, il était rapidement retourné dans l’ombre, celle de Sinan Bolat cette fois. Mais les envies d’ailleurs du portier turc cet hiver, refusées par la direction gantoise, lui avaient rouvert le chemin vers la lumière qu’il a retrouvée lundi après avoir déjà signé 8 victoires en 9 matchs de championnat, et même une autre en Coupe de Belgique, à Bruges. « Même s’il est revenu dans l’équipe un peu par hasard, grâce à ce qu’il s’est passé avec Bolat, j’ai toujours été persuadé que Davy est un joueur qui mérite d’être premier gardien, également à Gand, l’a défendu Hein Vanhezebrouck. Il a su saisir sa chance quand je la lui ai offerte. Il nous a rapporté beaucoup de points, a été excellent en de nombreuses occasions. Il mérite ce qui lui est arrivé aujourd’hui. J’espère que cela lui permettra de vraiment lancer sa carrière. »

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