Atteinte du syndrome de Diogène, elle stocke du brol dans les caves de ses voisins

Devant un appartement du rez-de-chaussée du numéro 16 de la rue de la Digue à Ixelles, plusieurs objets et sacs sont entassés. « Et ce n’est rien comparé à ce qu’il y a d’habitude », déclare Halima Majdoub, la voisine de palier avant de nous emmener à la cave. « Regardez, il y en a partout. Des sacs, des déchets, des meubles cassés, des matelas. Elle met ça partout. On ne sait même plus passer. Il y en a jusqu’au plafond », poursuit notre interlocutrice.

«  C’est même à côté des compteurs électriques. Il y a des câbles. Cela peut être dangereux. Vous imaginez si cela prend feu », poursuit Amar Amgahed, un locataire du troisième étage. « À un moment, on a dû faire des travaux dans le hall. Je lui ai proposé de mettre ses affaires dans ma cave qui était vide. Quelques semaines après les travaux, je vais lui demander d’enlever ses affaires. Elle n’a rien fait et m’a demandé un double de mes clés », poursuit-il.

Selon les locataires, cette situation dure depuis plusieurs années. « Quand il y a beaucoup de pluie, les caves sont inondés. Tout est donc en train de pourrir. À cause de ces déchets, il y a déjà eu des rats dans la cave. Des cafards remontent aussi via les canalisations », raconte, pour sa part, Fernanda Dasilva Oliveira qui habite au deuxième étage avec son mari.

« Nous lui avons déjà demandé de bouger ses affaires. Mais chaque fois, elle nous menace de sortir son pistolet. Chez elle, c’est pareil. Tu ne peux pas rentrer tellement, il y a des affaires », ajoutent les personnes que nous avons rencontrées.

Visiblement, la voisine dont ils parlent souffre du syndrome de Diogène qui caractérise un trouble du comportement conduisant à des conditions de vie négligées, voire insalubres. Une des caractéristiques est l’accumulation d’objets hétéroclites.

« Nous avons déjà appelé plusieurs fois la police et la commune. Parfois, ils viennent voir mais ils ne font rien », poursuit Saïd Abida.

« Effectivement, nos services ont constaté que cette dame stocke des brols, qu’elle revend par la suite, dans les caves de l’immeuble. Nous venons de prévenir l’assistante sociale qui n’était pas au courant. Elle va prendre contact avec cette locataire. En lien avec ce service d’assistance, des déménageurs vont venir l’aider. Mais afin d’éviter tout choc psychologique, nous avons prévu un accompagnement en douceur. Il semblerait qu’elle souffre du problème qui consiste à amasser un tas de choses », apprend-on au cabinet de l’échevine Caroline Desir en charge des propriétés communales.