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Cordon sanitaire: Bouchez a débattu avec Van Grieken, le N°1 du Vlaams Belang

Pour la première fois, un président de parti francophone a accepté de débattre avec un représentant de l’extrême droite en télévision. Dans Ter Zake (Canvas) ce jeudi soir, Georges-Louis Bouchez a eu un échange d’arguments avec Tom Van Grieken

Ce mercredi, la France a regardé avec passion le grand débat de l’entre-deux-tours. Un «match retour» où Emmanuel Macron a retrouvé Marine Le Pen cinq ans après le débat houleux de l’élection 2017.

Pour débriefer ce moment politique très particulier, nos confrères de Ter Zake (VRT) ont choisi de rassembler deux politiciens belges aux courants politiques similaires à ceux représentés dans le débat français.

Pour faire face à Tom Van Grieken, le président du Vlaams Belang, la VRT a choisi d’inviter… Georges-Louis Bouchez, le président du Mouvement Réformateur.

Une première. Depuis la mise en place, en 1991, du cordon sanitaire médiatique, aucun élu francophone n’avait accepté de se frotter en télévision à un membre de l’extrême droite.

« Je voulais féliciter Monsieur Bouchez pour sa participation à ce débat », a lancé en introduction Tom Van Grieken. « C’est un débat historique. En Wallonie, le cordon sanitaire est beaucoup plus strict. Mais j’estime que débattre, c’est la démocratie... Je vois aussi que vous avez un petit drapeau belge. La prochaine fois, vous pourrez peut-être faire ce débat dans la langue majoritaire en Belgique. »

Face à ce tacle sur son choix de répondre en français, Georges-Louis Bouchez ne s’est pas laissé démonter : « C’est aussi la Belgique de pouvoir chacun parler dans sa langue… », a-t-il répondu. « Nous avons fait une erreur dans notre pays. Nous aurions dû faire en sorte que les trois langues nationales puissent être parlées sur l’ensemble du territoire. Cela aurait certainement permis d’arrêter de débattre des choses inutiles et de se concentrer sur les choses essentielles comme le socio-économique et l’avenir de nos citoyens. »

La discussion, qui devait initialement se concentrer sur le débat de l’entre-deux-tours en France, a évidemment dévié sur la Belgique et les questions communautaires. Van Grieken reprochant notamment à la Wallonie de vivre « depuis 1830 sous perfusion ».

« Vous oubliez tout le temps de dire aux personnes qui nous regardent, c’est que le premier client de la Flandre, c’est la Wallonie », a répondu le président du MR. « Vous avez donc intérêt à ce que la Wallonie se développe économiquement le plus rapidement possible. Et c’est le projet que ma formation politique porte. »

Le cordon sanitaire, c’est quoi ?

Si ce débat était très particulier, c’est que depuis le fameux « dimanche noir » des élections fédérales 1991, un cordon sanitaire politique est d’application en Belgique.

Les partis démocratiques ont conclu un accord informel pour ne pas former de majorité avec des mouvements d’extrême droite.

En Belgique francophone, ce cordon sanitaire politique s’est doublé d’un cordon sanitaire médiatique.

Il consiste à empêcher que les partis ou représentants d’extrême droite disposent d’un temps de parole libre en direct en télévision ou à la radio.

En Flandre, ce cordon sanitaire médiatique n’existe pas. Dans les médias néerlandophones, on retrouve régulièrement des débats ou des interviews croisées où des membres des partis démocratiques échangent avec des représentants de l’extrême droite.

Retrouvez ce débat sur le site de la VRT en cliquant ici.

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