Environ 300 délinquants sexuels risquent de ne plus être suivis

Le Centre d’appui bruxellois (CAB), une ASBL qui suit les auteurs de violences sexuelles et qui est subventionnée par la ministre de la Justice a appris jeudi qu’elle serait éjectée le 31 juillet des locaux qu’elle occupe au SPF Justice. La perte de ces locaux signifierait purement et simplement la fermeture du Centre qui traite en moyenne 300 dossiers par an, rapportent La Libre et la Dernière Heure. Cette décision des services de la Justice intervient une semaine après le lancement, à grand renfort médiatique, de la campagne de sensibilisation « Viol. Brisez le silence », par les ministres en charge de l’Egalité des chances, Joëlle Milquet (CDH), de la Santé publique, Laurette Onkelinx (PS) et de la Justice, Annemie Turtelboom (Open VLD). Il est difficile de comprendre, dans ce contexte, qu’on coupe les moyens à une association qui, précisément, prend en charge les délinquants sexuels dans le souci de prévenir la récidive, analysent les quotidiens. Le Centre d’appui bruxellois a vu le jour dans la foulée de l’affaire Dutroux, suite aux carences apparues dans le suivi des délinquants sexuels en libération conditionnelle. Le législateur avait alors créé le CAB dans le cadre d’un accord de coopération entre l’Etat fédéral, la Cocom et la Cocof. Cette ASBL remplit différentes missions établies par la loi : recevoir les délinquants sexuels condamnés qui peuvent bénéficier d’une mesure alternative ; les évaluer ; rédiger des avis ; les orienter vers l’équipe spécialisée la mieux adaptée ; vérifier périodiquement si le suivi est adéquat. Le CAB traite en moyenne 300 dossiers par an et reçoit une centaine de nouveaux mandats judiciaires chaque année. Il rend des avis spécialisés pour le parquet, les tribunaux, la cour d’appel, les prisons et la commission de défense sociale.