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Des historiens laissent les Schaerbeekois trancher la question du buste de Roger Nols

La question de savoir s’il faut retirer le buste de Roger Nols de la maison communale de Schaerbeek appartient aux Schaerbeekois, ont conclu les historiens Serge Jaumain (ULB) et Joost Vaesen (VUB) dans une étude publiée par les Brussels Studies.

A leurs yeux, elle implique un vaste débat public prenant en compte le contexte historique qu’ils ont présenté mais aussi la diversité des opinions possibles sur un tel thème.

Les bustes des différents bourgmestres ornent le grand hall de la maison communale de Schaerbeek, l’imposant édifice de style néo-renaissance sis place Collignon. Parmi eux, se trouvent celui de Roger Nols qui a présidé aux destinées de la Cité des ânes de 1970 à 1989. L’homme est décédé en 2004 mais l’image qu’il a laissée de lui reste vivace. En 2017, le Mouvement pour le Racisme, l’Antisémitisme et la Xénophobie (MRAX) a réclamé le retrait du buste.

La commune a commandé un travail historique sur ce personnage passé à l’extrême-droite durant sa carrière et qui a suscité régulièrement la polémique, que ce soit par les guichets séparés qu’il voulut imposer pour les néerlandophones et les populations étrangères, son arrivée à dos de chameau à la Maison communale ou son invitation du leader du Front national français, Jean-Marie Le Pen.

L’étude retrace le parcours de l’ancien bourgmestre et le contexte de mutation de Schaerbeek dans lequel il a accompli son mandat. Malgré le tollé qui a accompagné ses initiatives, l’homme conserva une grande popularité et, dans le même temps, entraîna par réaction une grande vitalité associative.

«La réponse à cette question, apparemment très simple, ’faut-il déboulonner le buste de Roger Nols ? ’ appartient aux Schaerbeekoises et aux Schaerbeekois. Elle nécessite un vaste débat public qui, pour être mené sereinement, doit prendre en compte le contexte historique présenté ici mais aussi la diversité des options possibles quant à l’avenir des symboles contestés qui peuplent nos espaces publics», concluent MM. Jaumain et Vaesen.

Le débat sur des symboles contestés dans l’espace public refait régulièrement surface depuis quelques années dans de nombreux pays, notamment la Belgique. En mars, un groupe de travail bruxellois sur les symboles de la décolonisation a proposé de retirer la statue équestre de Leopold II, érigée place du Trône.

Sudinfo

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