Soupçonnée d’avoir livré sa fille à un pédophile, elle est libérée après une erreur de fax

Son avocat a obtenu la nullité de l’ordonnance de prolongation de sa détention provisoire parce qu’il n’avait pas été convoqué à un débat contradictoire devant un juge des libertés et de la détention à Metz: le fax de sa convocation était arrivé à un numéro erroné, selon cette source confirmant des informations publiées vendredi dans le Républicain Lorrain.

Cette remise en liberté est toutefois provisoire car elle ne remet pas en cause l’affaire sur le plan pénal.

«Il y a une erreur de procédure, je me devais de la soulever. Mais ma cliente répondra de ses actes, cette nullité n’a pas été soulevée pour lui permettre d’échapper à la justice», s’est justifié son avocat, Me François-Xavier Koehl.

Pas d’encore pour le fax

Cette affaire survient trois semaines après la retentissante remise en liberté d’un homme soupçonné de meurtre en raison d’un manque d’encre dans un télécopieur du parquet de Bobigny (Seine-Saint-Denis), qui avait empêché la transmission d’un document dans les délais légaux.

La garde des Sceaux Christiane Taubira a diligenté une inspection générale des services judiciaires après l’affaire du fax de Bobigny.

Fillette grièvement blessée

Dans l’affaire lorraine, la femme remise en liberté est soupçonnée d’avoir fait subir à sa fille de graves sévices sexuels avec un homme d’une trentaine d’années, que la mère avait rencontré sur internet quelques mois avant les faits, survenus en août 2012 à Talange (Moselle). Grièvement blessée, la fillette âgée de 5 ans à l’époque avait dû être opérée d’urgence le lendemain de son viol et de ses tortures, et ses blessures avaient interpellé le corps médical.

Placée en garde à vue, la mère avait fini par avouer et avait été placée en détention provisoire. En revanche le pédophile présumé, également interpellé peu après les faits et incarcéré à la maison d’arrêt de Metz, nie toujours les faits.

Le père de la fillette, chez qui l’enfant traumatisée vit désormais et qui est partie civile dans ce dossier, «a été vraiment choqué d’apprendre la remise en liberté de la maman, eu égard à la gravité des faits qui lui sont reprochés» et il craignait «qu’elle n’ait pas à répondre devant la justice de ces faits», a déclaré son avocat, Me Rémi Stephan, interrogé vendredi par l’AFP. Mais cette remise en liberté «ne préjuge en rien de la décision de la cour d’assises, parce qu’il y aura bien un procès» et qu’il y a des «éléments majeurs» à charge, a ajouté Me Stephan.