Gouvy: Ruzanna et sa famille, qui ont fui l’Arménie en 2008, sont dans l’angoisse d’être expulsés

Ils vivent dans l’angoisse d’être expulsés. À l’ISC à Vielsalm, où Ruzanna, leur fille aînée, est scolarisée, la communauté éducative se mobilise pour s’opposer à l’expulsion de la jeune fille et de trois autres élèves.

« Si nous retournons en Arménie, nous n’y serons pas en sécurité », souffle Ruzanna, élève en troisième année, à l’Institut du Sacré-Cœur à Vielsalm.

L’angoisse se lit dans les yeux de cette jeune fille de 16 ans. Elle avait à peine 10 ans quand elle a quitté son pays avec sa famille. Elle a peur d’y retourner.

Leur vie a basculé en mars 2008. « Nous avions une belle maison et une voiture. On nous a tout pris », se désole-t-elle.

Selon la jeune fille, le seul fait que les autorités arméniennes puissent reprocher à son père, c’est d’avoir participé à la manifestation du 1er mars à Erevan. Une manifestation organisée au lendemain de l’élection de l’actuel président pour réclamer un nouveau vote. Grièvement blessé au visage par les forces de l’ordre, le père de Ruzanna a dû être hospitalisé pendant deux mois. C’est à sa sortie de l’hôpital qu’il a reçu des menaces. La famille a quitté le pays pour échapper à la répression. Après avoir transité en Biélorussie et en Géorgie, elle est arrivée en Belgique en 2010. « Nous avons vécu dans un centre près d’Anvers mais nous n’avons pas pu y rester car notre première demande d’asile a été refusée », se rappelle la jeune fille. « À la suite d’une deuxième demande, on a été transféré près de Beauraing. Nous sommes arrivés au centre Fedasil de Bovigny en janvier 2012. »

Récemment, la famille Yedigaryan a reçu un avis d’expulsion.

Le motif avancé : le calme est revenu dans leur pays d’origine. Le couple et ses quatre enfants risquent d’être envoyés dans un centre fermé d’ici la fin de la semaine.

« Si nous retournons à Erevan, mes parents seront jetés en prison et nous serons seuls sans famille pour nous pro téger », redoute Ruzanna.

Parfaitement intégrée, la jeune fille craint de devoir quitter ses amies de l’ISC. « Ici, à l’école, j’ai reçu un vrai soutien. Je suis très reconnaissante de ce que l’on fait pour nous. J’espère que ces démarches nous permettront de rester en Belgique  », conclut-elle.

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