Molenbeek: Nawal accuse des policiers de l’avoir insultée et déshabillée au commissariat

Le 4 mars, vers 23h, une patrouille de policiers se rend dans une habitation de la rue du Cinéma, à Molenbeek, pour y interpeller un jeune de 17 ans, qui est recherché, «  dans le cadre d’un flagrant délit, qui ne nécessite pas de mandat », précise la porte-parole de la zone de police, Julie Mampuy. C’est la sœur aînée qui ouvre la porte aux coups de sonnette, mais ne veut pas donner l’accès sans un document écrit. Et, se trouvant à l’extérieur, c’est elle qui se voit embarquée.

Double enquête ouverte

«  Elle n’était soupçonnée de rien et c’est elle qui se retrouve tirée par les cheveux dans le véhicule police et insultée », explique son avocat, Me Lurquin, auquel elle s’est adressée pour déposer plainte. «  Au commissariat, on l’a mise dans une pièce avec cinq policières qui lui ont donné 30 secondes pour retirer son piercing. Puis elle a dû se déshabiller entièrement, d’abord le haut puis le bas, puis faire 25 flexions pour vérifier qu’elle ne cachait rien. Et cela alors que des policiers masculins regardaient par la porte entrouverte et la raillaient. » Voire l’insultaient, si on en croit la version qui circule sur Facebook et relate les injures de «  salope » et «  pute de Coran »…

Ce n’est qu’à 7h du matin, le lendemain, que Nawal a été relâchée. «  Choquée, elle est déjà retournée à la police pour déposer plainte, mais doit avoir une audition complète ce mercredi », dit Me Lurquin. Avec à l’appui un certificat médical attestant de lésions sur tout le corps, «  à coups de boîtes ».

Selon la police, Nawal aurait empêché la perquisition en flagrant délit en refermant la porte derrière elle, puis en semant le désordre sur la voie publique par ses cris. D’où son arrestation administrative. Quant aux maltraitances policières qu’elle dénonce, « cette dame les a portées à la connaissance de la bourgmestre Françoise Schepmans (MR) et d’un échevin  », explique Julie Mampuy. « On prend la plainte très au sérieux et un dossier a été ouvert en interne ainsi qu’au parquet de Bruxelles, en toute indépendance », assure Julie Mampuy. «  Les images de nos caméras sont aussi analysées. S’il y a eu des erreurs de comportements, il y aura bien sûr des suites pour les policiers accusés Mais si rien ne se vérifie, il y aura une action en diffamation… »

En attendant, cette nouvelle affaire de bavure circule de plus en plus sur les réseaux sociaux, diffusée notamment via Facebook. « Une manifestation devant le commissariat de Molenbeek est prévue pour le lundi 17h30 !! Soyons nombreux pour que justice soit faite ! », dit notamment un des messages partagés. Les autorités communales sont déjà au courant et invite au calme.