Jusqu’à 1000€ d’argent facile: les publicitaires louent la façade de votre maison

Louer sa façade pour une publicité peut rapporter jusqu’à 1000 €. En Belgique, ils sont entre 4000 et 5000 riverains à s’adonner à ce type de pratique. Patricia Quinaux est gérante d’un salon de coiffure, Espace Métamorphose Elle et Lui, à Namur, Avenue José Abras. Sa façade extérieure est très bien placée pour lui rapporter de l’argent. « Cela fait des années que j’ai ce panneau », explique la propriétaire. Qui nous explique combien elle peut toucher grâce à ce type de pratique. « Ce n’est pas énorme ! C’est de l’ordre d’un peu plus de 100 € tous les six mois. Pour être plus précise, c’est 168 € », indique la gérante. Le montant renseigné peut paraître faible. « Ils nous ont appelés il y a deux à trois ans pour nous expliquer que vu la crise, les prix allaient descendre. C’est la conjoncture actuelle. On m’a également proposé de placer un panneau avec des publicités déroulantes de l’autre côté mais j’ai refusé », indique-t-elle, devant le panneau Electrabel.« La publicité change régulièrement, ce n’est pas fixe ». Le bail peut être d’un, trois, six ou neuf ans. Et l’entretien est réalisé par l’annonceur. « J’ai par exemple des pigeons qui viennent détruire le panneau. JC Decaux s’est chargé de placer des pics à pigeons. Ils s’occupent de tout. En cas de problèmes, ils interviennent rapidement ». Un autre type de problèmes peut surgir avec la pose de tels panneaux. « L’ancien propriétaire avait des soucis d’humidité qui ont perduré quand j’ai repris le bâtiment. L’eau s’infiltrait dans le mur et l’ex-proprio n’avait jamais rien dit ». Patricia précise encore qu’elle n’a «  rien dû faire ». « C’est eux qui recrutent  ! ». Le bail arrivant à son terme, elle ne sait pas encore si elle va poursuivre l’aventure.

« Avec un écran led, je pourrais gagner plus »

Du côté de la chaussée de Louvain, à Bouge, un riverain indique qu’il touche environ 60 € par mois pour un panneau Vanden Borre de cinq mètres sur quatre. « C’est un fixe que je reçois tous les mois, comme un loyer », explique ce riverain, qui préfère garder l’anonymat. « Je ne sais pas si je vais poursuivre l’aventure au-delà du bail », souligne-t-il encore.« Je crois que les villes sont plutôt contre ce genre de pratiques. Avec un écran led, avec électricité, je pourrais gagner plus mais je ne sais pas si je vais le faire », poursuit encore ce riverain, tout en regardant le panneau Vanden Borre.

Et la taxe communale ? Qu’en est-il ? Elle existe bel et bien. Comme le précise la commune. « C’est une taxe spécifique pour les panneaux placés sur les pignons de maison. Il y a deux taux pour ce type de panneaux : les non-lumineux et les lumineux. C’est une taxe annuelle. En 2014, elle s’élève à 0,75 € au décimètre carré pour un panneau non lumineux et 1,50 € pour un panneau lumineux ». Ce qui permet tout de tout de même au proprio de s’y retrouver...

Jean Fernemont est responsable de la publicité régionale chez Clear Channel. Il connaît parfaitement le phénomène.« Le prix est fonction de l’axe routier et de la fréquentation. Il est évident que ce ne sera pas le même tarif à l’entrée de Namur qu’à l’Avenue Louise », souligne Jean Fernemont.« Les critères sont la visibilité et la proximité. C’est jugé à l’appréciation. Il n’y a pas de règles écrites en la matière. Les règles urbanistiques sont en vigueur, soit communales, régionales ou de la Fédération Wallonie-Bruxelles. C’est un client qui achète chez nous et nous proposons les tarifs. Il peut y avoir trois types de panneaux : 10 m², 20 m² ou 36 m². Chez nous, un client peut gagner entre 100 et 1000 € par an. C’est de l’ordre de 400-500 pour 20m² et 1000 pour 36. C’est surtout la publicité automobile qui marche le mieux ». Les contacts sont fréquents entre le propriétaire et les annonceurs.« Chez Clear Channel, il faut compter entre 1000 et 1500 dispositifs de cet ordre au sein des riverains ».

Une pratique qui a fort évolué

Une autre société qui s’occupe de ce type d’affichage est Belgian Posters. Patrick Sion en est le directeur commercial. Il confirme aussi les différents critères. Mais ne veut pas donner de chiffres sur les potentiels clients. « Ce sont des données que l’on ne communique pas », précise-t-il. « Mais les panneaux sur les façades, c’est une pratique qui a fort évolué avec le temps », précise le directeur commercial. « Les annonceurs nous contactent. Le premier secteur est celui de l’automobile et le second est celui des banques et des assurances », indique encore Patrick Sion. Vous savez donc ce qu’il vous reste à faire pour gonfer votre porte-monnaie facilement !