De l’eau wallonne pour dépanner les Parisiens, dans le cadre d’un échange de savoir-faire

Paris se déplace mercredi à Hamoir pour visiter l’usine d’embouteillage de la CILE et discuter des modalités pratiques de la constitution d’un stock d’urgence pour la capitale française. En outre, la convention entre les deux compagnies doit permettre aux Parisiens de découvrir d’autres points forts de l’intercommunale liégeoise, tel que le savoir-faire en matière de protection des captages.

Les «bonbonnes d’urgence» produites par la CILE dans son usine de Hamoir sont des bidons de 10 litres d’eau de source du Pêchet. Elles sont distribuées gratuitement aux clients de la compagnie, soit les habitants de Liège, Huy et des communes avoisinantes, dans des situations d’urgence comme lors d’une rupture de canalisation ou quand l’eau du robinet est polluée. Leur contenance, leur capacité de conservation de deux ans sans altération et leur emballage «composé entièrement de matières recyclables» sont pointés comme les points forts de ce produit par Bernard Michaux, directeur d’exploitation à la CILE.

D’autres intercommunales et sociétés publiques de distribution d’eau font appel à ce produit liégeois. «Nous en avons déjà vendu à AquaFlanders, l’équivalent flamand d’AquaWal (l’Union professionnelle des opérateurs publics du cycle de l’eau en Wallonie, ndlr), ou encore à l’IECBW, distributeur d’eau d’une grande partie du Brabant wallon», précise Jean-Paul Crespin, le responsable relations publiques. La CILE est également actuellement en négociations avec Vivaqua, qui distribue l’eau à Bruxelles, selon Bernard Michaux. Les opérateurs publics de distribution ont notamment l’obligation de ne pas priver leurs abonnés d’eau pendant plus de 8 heures.

«Nous fonctionnions auparavant, et certains le font encore, avec un stock de berlingots d’un litre, qui ne conservent que 6 mois à un an et que nous devions acheter à une entreprise. Nous avons décidé il y a quelques années d’investir dans l’embouteillage d’eau de source, que nous mettons aussi à disposition des autres entreprises publiques sans faire de bénéfices (les bonbonnes sont vendues au prix coûtant, ndlr)», précise-t-il. «C’est un produit peu commun, que l’on ne trouve pas en France».

Ces bidons d’urgence ne constituent qu’une petite partie de la convention de collaboration qui vise «des échanges d’expérience entre les deux sociétés». «Cela intéresse également les Français de voir la manière dont nous protégeons nos captages et la façon dont nous avons abordé la problématique avec les agriculteurs», explique Bernard Michaux. «Il est également intéressant de voir comment chacun optimise son réseau, quels sont les plans d’urgence, et d’échanger nos recherches appliquées sur l’eau potable».