Municipales en France: spectaculaire poussée du FN, la gauche en recul

La présidente du Front national Marine Le Pen a aussitôt salué «un cru exceptionnel» et «la fin de la bipolarisation de la vie politique». Le porte-parole du PS David Assouline a lui déploré «une hausse importante et inquiétante» du parti d’extrême droite.

Le président de l’UMP Jean-François Copé, réélu au premier tour dans sa ville de Meaux, a lui appelé les électeurs du FN à reporter leurs voix sur les candidats de son parti au second tour.

La porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, a martelé pour sa part que la majorité ferait «tout pour empêcher qu’un candidat FN emporte une municipalité».

A Hénin-Beaumont, ville symbole de l’âpre lutte que mène le Front national pour arracher au PS cette terre historiquement à gauche, le secrétaire général du FN, Steeve Briois, obtiendrait selon TNS-Sopra 49,4% des suffrages, loin devant le maire sortant Eugène Binaisse (32,5%), soutenu par le PS, EELV et le PCF.

A Béziers, l’ancien président de RSF, Robert Ménard, devenu l’une des têtes de pont du Rassemblement Bleu-Marine de Marine Le Pen, est en tête avec 45% des suffrages, selon le CSA.

A Avignon, le FN arriverait en tête avec 29,4% des voix, devant la socialiste Cécile Helle (27,5%) et l’UMP Bernard Chaussegros (22,3%). La socialiste pourrait du coup profiter de cette triangulaire.

A Fréjus, le frontiste David Rachline serait aussi en tête avec 40,2% des suffrages.

La participation a atteint 54,72% à 17H00, en deçà du chiffre enregistré au premier tour de 2008 à la même heure (56,25%). Les instituts de sondage prédisant même une abstention record d’environ 35%, au-delà des 33,5% de 2008.

’Rejet du personnel politique’

«Cette progression de l’abstention reflète un rejet du personnel politique, amplifié par les dernières affaires», a estimé Frédéric Dabi, politologue à l’Ifop. «Mais elle illustre également la désillusion des électeurs à l’égard de la capacité des politiques de pouvoir changer les choses».

L’ancien ministre et député UMP Frédéric Lefebvre n’a pas dit autre chose, en déplorant un «effet boomerang des méfaits politiques qui font tant de mal», citant «les écoutes, les promesses sans lendemain».

A Pau, le président du MoDem François Bayrou arrive nettement en tête dans cette ville qu’il tente de conquérir pour la troisième fois, selon les estimations de trois instituts de sondage.

L’ancien candidat à la présidentielle, âgé de 62 ans, sans mandat électif depuis sa défaite aux législatives en 2012, joue en grande partie son avenir politique dans cette élection.

A Marseille, l’ancien président de l’OM et candidat à la mairie Pape Diouf a dénoncé «des faits de fraude inacceptables», évoquant «une liste d’émargement déjà signée à 8H00 du matin, avant même l’entrée du premier électeur».

Il s’est réservé le droit de déposer un recours, ce qui pourrait perturber la suite du scrutin dans cette ville où le PS Patrick Mennucci tente de mettre fin à 19 ans de règne de l’UMP Jean-Claude Gaudin.

L’ancien ministre de la Défense Hervé Morin (UDI) a été réélu dès le premier tour à Epaunes dans l’Eure, tout comme son ancien collègue au gouvernement Yves Jégo (UDI) à Montereau-Fault-Yonne (Seine-et-Marne).

C’est également le cas aussi du président du groupe UMP à l’Assemblée nationale Christian Jacob à Provins (Seine-et-Marne) et de l’UMP Laurent Wauquiez au Puy-en-Velay (Haute-Loire).

A Nancy, l’une des villes de droite de plus de 100.000 habitants que la gauche espère faire basculer, l’UDI Laurent Hénart serait largement en tête à 41,4% contre 34,8% au socialiste Mathieu Klein, selon une estimation TNS-Sofres-Sopra.