Facebook, Google, Angry Birds: avez-vous lu les conditions d’utilisation ?

Qui sait que le jeu Angry Bird ou telle application qui transforme l’iPhone en lampe de poche collecte les données de localisation à des fins publicitaires? En ouvrant un compte Gmail, l’utilisateur approuve 16 pages de conditions d’utilisation et de confidentialité (plus de 20 minutes de lecture). Sur un iPhone, il faut environ 20 écrans pour lire celles d’eBay.

Une fois acceptées à l’aveuglette, ces sortes de contrats tombent aux oubliettes bien qu’ils régissent la collecte, l’exploitation et la dissémination de données personnelles en permanence. Ces règles, rédigées par des juristes, servent plus à protéger les entreprises que les utilisateurs, qui louent leurs âmes les yeux plus ou moins fermés. Les géants de l’internet sont conscients que personne ne lit leurs règles de confidentialité.

Pour prouver l’inefficacité du système actuel, une entreprise, PC Pitstop, avait écrit en 2005 dans ses conditions d’utilisation qu’elle donnerait 1.000 dollars au premier qui les lirait; il fallut quatre mois pour qu’un utilisateur s’en aperçoive (il a reçu sa récompense, selon l’entreprise).

Pour Jules Polonetsky, directeur du Forum sur l’avenir de la vie privée, le problème est une affaire de design, de conception des applications. Les longs contrats pourraient être en partie remplacés, dit-il, par des notifications courtes et ponctuelles au moment où des données personnelles sont collectées par l’application, comme le fait aujourd’hui l’iPhone avec la géo-localisation.

L’enjeu est d’éviter les moments «qui donnent la chair de poule», quand un utilisateur découvre avec stupeur qu’il partageait publiquement sur Facebook ou ailleurs une photo ou une information censée être privée.