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Jonas Vingegaard: «C’était un peu une journée noire pour nous»

La formation Jumbo-Visma a connu un dimanche très compliqué, avec l’abandon de deux lieutenants du maillot jaune, qui a lui même chuté.

Journée aussi chaude que chahutée pour la formation Jumbo-Visma, en pleine galère vers la cité médiévale de Carcassonne. L’armada du maillot jaune a perdu deux pions de son puissant jeu dans le Midi et va panser ses plaies, ce lundi lors du jour de repos. Steven Kruijswijk, troisième du Tour en 2019, s’est retrouvé au sol à cinquante bornes de l’arrivée, Wout van Aert a lui été retardé. Si le maillot vert est reparti, le Néerlandais est resté au brûlant sol. « On nous a dit qu’il y avait une manifestation et d’un coup, ça a été le chaos. Ça a freiné très fort et Steven a réagi trop tard. J’ai juste su éviter la chute… » Bilan, une épaule brisée pour le grimpeur, qui aurait été très utile pour le tricot jaune dans la traversée des Pyrénées qui se profile. Quelques minutes plus tard, Jonas Vingegaard était lui aussi impliqué dans une cabriole, avec son coéquipier Tiesj Benoot. Les deux sont repartis, mais écorchés. « Tiesj est tombé devant moi, je ne pouvais pas l’éviter. Je suis surtout touché du côté gauche, quelques abrasions, un peu de courbatures mais rien de grave, je suis OK », expose le leader du Tour, coude et genou griffés même s’il semble plus question de carrosserie que de mal plus profond.

Reste que, avec deux chutes et deux équipiers en moins, le bilan quotidien est lourd alors que la Grande Boucle entre dans sa dernière explication. « On ne peut pas parler d’une bonne journée, c’est certain », reprend le Danois. « Je perds deux équipiers très importants, des mecs très forts qui auraient été utiles… C’est un peu une journée noire pour nous ».

Pogacar : « On est désormais à égalité »

L’autre abandon des « guêpes », Primoz Roglic, n’a lui pas pris le départ. Depuis sa violente rencontre avec un ballot de paille déplacé en sortie de rotonde, lors de l’étape des pavés, il évoluait avec une épaule en vrac et le dos fracassé. Tellement que, s’il a jusqu’alors serré les dents, il a finalement rendu les armes avant le départ de Rodez. « J’ai l’impression que je reçois des coups de couteau à chaque coup de pédales », exposait-il y a quelques jours, incapable de descendre du vélo sans l’aide d’un membre du staff de sa formation Jumbo.

De favori et coleader, le Slovène s’était par la force des choses et de la douleur mué en équipier zélé de Jonas Vingegaard. Préservé lors de la première journée de repos à Morzine où il avait pédalé seul et réduit au maximum sa sortie, le triple vainqueur de la Vuelta semblait aller mieux. Au point d’attaquer sans respiration Tadej Pogacar dans le Télégraphe et le Galibier, vers Granon. Le chant du cygne. Réflexion faite, le coureur et l’encadrement de l’équipe ont abouti à la décision d’un départ anticipé. « Pour me permettre de soigner correctement mes blessures, nous avons décidé que je ne prendrais pas le départ », a déclaré le coureur, qui enquille les désillusions sur la Grande Boucle depuis trois ans. Forcément, il a ce maillot jaune perdu à la veille de Paris en 2020. Et l’année dernière, après une chute en première semaine en Bretagne, il avait déjà bâché. Pour le champion olympique du chrono, direction donc le Tour d’Espagne où est également prévu un certain Tadej Pogacar.

« Sur le plan strictement comptable, on est désormais à égalité », a justement remarqué le double vainqueur sortant, pointant qu’il avait du coup, avec cinq coureurs, autant d’équipiers que le maillot jaune à son service. Et peut-être aussi un petit adjuvant moral après la poisse qui a frappé l’équipe batave…

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