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Les Cheetahs et les Tornados foncent vers la finale du 4 x 400 m

Les relayeurs belges restent fidèles à leurs habitudes. Tant les femmes que les hommes ont assuré facilement leur place pour leur finale programmée ce dimanche à Eugene.

L’erreur serait de croire que c’est évident. Demandez du côté des Pays-Bas, vice-champions olympiques en 2021 et barrés de la finale des Mondiaux pour… 1 centième, dans quel état se trouvent aujourd’hui leurs relayeurs après s’être fait sortir en séries… Pour la… 29e fois depuis 2008, les Belgian Tornados disputeront bien, eux, ce dimanche (lundi 4h35 en Belgique), la finale d’un grand championnat aux Mondiaux d’Eugene, la 11e au niveau mondial ou olympique en plein air, et c’est évidemment un résultat réjouissant dont on ne se lasse pas.

La bande à Jacques Borlée s’est qualifiée relativement facilement en s’imposant en 3.01.96 devant la République tchèque (3.02.42) et la Pologne (3.02.51) dans sa série. Impeccablement lancée par Julien Watrin, qui a réussi le deuxième temps du premier relais (46.07), l’équipe belge s’est confortablement installée derrière le Botswana via Dylan Borlée : « C’est la première fois que je courais en deuxième position, celle dévolue habituellement à (son frère) Jo et ça m’a fait plaisir de prendre sa place ! ».

Le Botswana repêché

Mais lors du deuxième passage, les Africains allaient laisser tomber le témoin. « Il est venu frapper mon bras, je ne pense pas que l’on puisse nous imputer une faute », dit le cadet des Borlée, qui allait apprendre plus tard ans la soirée leur repêchage. Du coup, Jonathan Sacoor était parti en tête pour son troisième relais. Le champion du monde junior 2018 du 400 m, pourtant en manque de rythme, allait résister aux assauts de la France et la République tchèque et rester en tête jusqu’au bout de ce très long tour de piste avant de transmettre le bâton à Kevin Borlée qui allait contrôler jusqu’à la fin sans toutefois pouvoir voir sur l’écran géant où se situaient ses rivaux. « A ce moment-là, ils montraient le décathlon ! », sourit le capitaine du 4 x 400 m. « Je me suis retourné, j’ai dû faire un peu plus attention. »

« Il y avait pas mal de vent, mais j’avais moins de stress que sur 400 m haies », explique Julien Watrin. « Jacques m’avait demandé d’être très véloce au départ, de ne pas faire le fou, d’essayer de rester « facile » et j’y suis arrivé ».

Lancé dans la bagarre au milieu d’une saison difficile, Jonathan Sacoor s’avouait « soulagé ». « Je suis content que l’on m’ait donné l’occasion de prouver ce que je valais. Évidemment, Jacques (Borlée) me connaît par cœur, mais je pensais que je resterais réserviste durant ces championnats après les difficultés que j’ai connues (après avoir souffert du covid, NDLR). Aujourd’hui j’ai un sentiment fantastique. Cela pourrait être un moment clé dans ma saison. »

Pas de quoi revendiquer toutefois une nouvelle place en finale. Alexander Doom, le champion de Belgique, laissé au repos après avoir déjà couru trois fois, devrait retrouver sa position. « Il la mérite pour l’ensemble de sa saison », a ajouté Sacoor.

Troisièmes lors des derniers Mondiaux à Doha, en 2019, les Tornados sont-ils capables de réitérer cet exploit ? Les États-Unis semblent hors d’atteinte, mais derrière eux, tout reste ouvert, notamment en raison de l’absence des Bahamas et de la République dominicaine, qui ont déclaré forfait pour les séries. Des séries dont les Belges sont sortis avec le quatrième temps derrière les Etats-Unis (2.58.96), le Japon (3.01.53) et la Jamaïque (3.01.59), qui ont sans doute gardé quelques atouts dans leur manche.

« Tout est possible », affirme Sacoor, alors que Kevin Borlée insiste sur la tactique qu’il faudra bien respecter « pour être présent ». « Ça court à chaque fois, mais on est là, et pour la 29e fois ».

Une quatrième finale pour les filles

Les Cheetahs, elles, dont le projet a été mis sur pied en 2018, ont forcément moins d’expérience mais leur enthousiasme a déjà soulevé pas mal de montagnes puisqu’elles n’ont, elles non plus, jamais raté une finale dans un grand championnat en plein air : Euro 2018 (Berlin), Mondiaux 2019 (Doha), JO de Tokyo (2021) et aujourd’hui Mondiaux d’Eugene (2022).

Tout laissait pourtant présager une qualification délicate : la sortie très moyenne de Camille Laus dans le 4 x 400 m mixte et le 400 m individuel, où Naomi Van den Broeck n’avait pas été plus brillante, l’absence de Cynthia Bolingo, l’incontestable nº1 du 400 m belge, qui avait, quelques heures plus tôt, confirmé son grand retour en courant en 51.19, le meilleur temps belge de l’année, à Huizingen, et les remous entourant la sortie de Carole Bam, trois jours plus tôt, où elle avait affirmé sentir constamment la menace d’un renvoi au-dessus de sa tête.

Si l’idée des Cheetahs était de se battre pour elle – mais la Ligue belge a interdit qu’on leur pose la question –, elles ont magistralement réussi dans leur entreprise. Malgré un début laborieux de Van den Broeck, Imke Vervaet et Helena Ponette ont maintenu le bateau à flots en restant au contact, en 5e, puis en 4e position. Mais c’est Camille Laus, à son poste de « 4 » favori, qui a forcé la décision en remontant l’Italie et le Canada dans l’ultime ligne droite pour terminer en 3.28.02 derrière l’imprenable Jamaïque (3.24.23). Tout ça grâce à un « split » de 50.93, loin de celui du mixte (51.47).

« Ça fait du bien ! » a souligné la Tournaisienne. « Je savais que j’étais en forme mais je n’avais pas pu le montrer dans le mixte et dans mon 400 m individuel. Il faut dire que les filles m’ont placée en position idéale. C’est ça la magie des Cheetahs ! »

Une magie qui a visiblement inoculé la jeune Helena Ponette, 22 ans, l’une des nouvelles venues du groupe. Dans son relais, elle a fait preuve d’une grande maturité qui a étonné. « Mes sensations étaient meilleures que lors du mixte, où je m’étais retrouvée dans une situation plus désespérée qu’ici. Il y a évidemment une grosse différence entre les trois pays les plus rapides des séries – États-Unis, Grande-Bretagne et Jamaïque – mais on va tout donner ! »

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