Braine-l’Alleud: «Il faut sauver cet arbre remarquable»

Ce n’est pas le projet en soi qui pose problème aux riverains, mais la manière dont il sera réalisé : « déjà actuellement, pour les parents de la crèche située rue des Bleuets, une rue très étroite, c’est compliqué pour y accéder et surtout y sortir car c’est une impasse », explique Michel Vérotte. « Un camion de pompiers ne sait pas faire demi-tour ! Aussi, pour permettre le passage vers le nouveau bloc de logements, on va réaliser une voirie qui passera derrière ces appartements. Pour construire le tout, on va détruire toute la verdure existante ! Tout ce qui est vert va disparaître ! ».

Et parmi cette verdure se trouve un tilleul qui a au moins septante ans, voire plus. « On se bat pour sauver cet arbre », ajoute Louis Friquet. « On a demandé son classement en tant qu’arbre remarquable. Il en a toutes les caractéristiques, tant en âge qu’en taille. Mais on nous a dit que cela ne pourrait pas se faire avant 2015… » Le classement de l’arbre est, pour les riverains, symbolique. « Nous ne sommes pas contre les projets de construction, mais il ne faut pas de destruction végétale. Et je suis sûr qu’il existe un moyen de réaliser ce projet en respectant la nature et sans engorger la route », ajoute Michel Vérotte. « En poussant le bloc un peu plus loin, il est possible de faire passer les pompiers, comme ça, la sécurité est assurée et la verdure sauvée. » « Il y a un manque d’équilibre entre la verdure et ce qu’ils vont bétonner », constate amèrement Tony Weyers. Plusieurs pétitions ont déjà été organisées dans le quartier.

« Pour ce coin-ci, nous avons obtenu 169 signatures. Une autre pétition concernant le champ derrière (ndlr : le PCA de Merbraine, qui concerne la réalisation de 600 à 800 logements) a été signée par 300 personnes », indique Louis Friquet. Sauver l’arbre permettrait aussi de revoir quelque peu le projet, car les riverains craignent la hauteur d’un des trois bâtiments qui seront construits. « Deux d’entre eux n’ont qu’un rez-de-chaussée et un étage, mais le troisième fait deux étages. Quand vous regardez par rapport aux maisons déjà construites, c’est disproportionné. Surtout que ces blocs sont situés plus haut que nos habitations. Non seulement il n’y aurait plus de verdure derrière chez nous, mais en plus, on pourrait voir tout ce qui se passe dans nos habitations ! » concluent les riverains. Le tilleul, nouveau symbole de résistance aux projets immobiliers...