«Un comportement sot, incohérent et infantile»: les mots durs d’Anne Sinclair au sujet de DSK

Durant cette émission événement consacrée à Anne Sinclair, le spectateur aura notamment appris que Sinclair est un nom d'emprunt, choisi dans l'annuaire à New York, par ses parents. Des parents aimants, à qui la petite Anne dira à dix ans : « Quand je serai grande, je serai journaliste à Europe numéro 1 ». Il aura aussi découvert que malgré ses prestations très remarquées dans l’émission 7 sur 7, qu’elle a animée pendant 13 ans sur TF1, elle manquait de confiance en elle...

Mais la partie la plus attendue du documentaire était évidemment celle consacrée à sa relation avec Dominique Strauss-Kahn, qu’Anne Sinclair avait rencontré en qualité d’invité surprise sur 7 sur 7. Un invité qui avait à l’époque fait forte impression sur la journaliste, comme le raconte dans l’émission Alain Hertoghe, son biographe  : « Elle témoignera tout de suite de l’impression qu’il lui a fait: ‘Dis donc ton mec, qu’est-ce qu’il a été bon !’ » C’est le point de départ de la longue histoire DSK-Sinclair, au cours de laquelle Anne Sinclair a perdu progressivement son « statut de journaliste pour devenir la femme d’un homme politique », analyse Ivan Levaï, son ex-mari avec qui elle a eu 2 enfants.

Et avec un homme politique en pleine ascension comme époux, Anne Sinclair s’imaginait parfois à l’Elysée... Sans grand enthousiasme, comme l’explique son ami, le journaliste Germain Dagognet : « J’ai le souvenir de cette phrase de Anne : ‘Tu me vois en Bernadette Chirac à l’Elysée. Mais c’est mortel ! En train de couper les rubans et de faire les fêtes patronales’ ». « C’est un métier épouvantable », a-t-elle confirmé lors de son face à face avec Laurent Delahousse qui succédait au documentaire.

L’affaire du Sofitel : « Je ne le crois pas »

« Auriez-vous pu imaginer tout ça ? », a risqué Laurent Delahousse au sujet du scandale du Sofitel, où une accusation de viol avait été proférée par Nafissatou Diallo, une femme de chambre, contre Dominique Strass-Kahn. « Je ne l’ai jamais cru, je ne le crois pas, et je sais que ce n’est pas le cas », tranche Anne Sinclair, qui qualifie tout de même le comportement de son ex-compagnon de « sot, stupide, incohérent (...), infantile et pas à la hauteur, ni de l’homme que je croyais qu’il était, ni du destin qu’il ambitionnait ».

«De temps en temps, je me dis: Est-ce qu’elle a vraiment existé, cette histoire? Est-ce que je l’ai vraiment vécue ou est-ce que ça a été un moment de cauchemar? (...) Tout a été violent (...) très violent », confie encore Anne Sinclair dans cet entretien. « Pendant que tout se passe, on arrive à se parler un peu avec Dominique... mais ce n’était pas le moment », précise Anne Sinclair, qui avait défendu son conjoint et était restée à ses côtés tout au long de cette affaire, qu’elle a par ailleurs toujours considérée comme « un combat pour la justice ».

« Et la journaliste, pas la femme », ose Laurent Delahousse, « que pense-t-elle de cette histoire ? » Brève hésitation d’Anne Sinclair. « C’est une affaire énorme, monumentale, qui mobilise la politique, les intérêts, le destin... »

Anne Sinclair savait depuis longtemps que « Dominique était un séducteur, un charmeur ». Et face aux rumeurs, et aux doutes qui s’emparaient d’elle, il « savait démentir, me rassurer ». «Les conjoints sont toujours les derniers informés», observe avec ironie Anne Sinclair.

Désormais, la tourmente de l’affaire du Sofitel semble n’être plus qu’un mauvais souvenir pour la journaliste : « Je suis passée par toute une gamme d’émotions (...) Mais si je suis là ce soir, c’est que c’est derrière moi », conclut Anne Sinclair dans un sourire.