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Les socialistes seront au premier rang de la bataille de l’énergie, assure Magnette

Les pouvoirs publics doivent prendre le contrôle de l’énergie, a demandé dimanche le président du PS, Paul Magnette, à l’occasion du 200e congrès de son parti.

Les pouvoirs publics doivent prendre le contrôle de l’énergie, a demandé dimanche le président du PS, Paul Magnette, à l’occasion d’un congrès de son parti. À ses yeux, la crise actuelle a démontré la faillite du modèle libéral et la nécessité d’une «planification écologique et sociale».

Le président des socialistes francophones a dressé un tableau sombre de la situation. «Nous ne sommes pas sûrs d’avoir assez d’énergie cet hiver. Les prix explosent. Les investissements sont à l’arrêt et certains pays sont obligés de relancer de vieilles centrales au charbon. C’est un échec total: écologique, social et même économique. Il faut en tirer les leçons et confier à la puissance publique le contrôle de ce bien essentiel qu’est l’énergie», a-t-il expliqué.

Des initiatives ont déjà été prises pour protéger la population et investir dans les économies d’énergie mais les socialistes veulent aller plus loin. «Il faut aller plus loin encore, prendre le contrôle du nucléaire», a ajouté M. Magnette. Et d’insister: «Il n’y aura pas de plus grande bataille les prochaines années que celle de l’énergie, et nous serons, nous les socialistes, au premier rang».

Le contexte de crise favorise les extrêmes politiques, et les récents scrutins en Europe se traduisent par des victoires de l’extrême droite. Face à cette menace, le président du PS a appelé les travailleurs à ne pas se diviser. «Ce n’est pas en opposant les travailleurs aux travailleurs que l’on va améliorer leur sort. Nous nous battons contre la pauvreté, et contre les inégalités. Il faut dénoncer les faux semblants de la droite. Si les travailleurs ne jouissent pas assez des fruits de leur labeur, ce n’est pas à cause des chômeurs, des malades ou des pensionnés. C’est à cause des patrons qui ne les paient pas assez», a-t-il lancé.

Les socialistes tenaient dimanche leur 200e congrès. Leur président a rappelé les conquêtes des six générations précédentes -des premières organisations syndicales au suffrage universel en passant par la «cathédrale» qu’est la sécurité sociale - et les réalisations de la septième qui se traduisent dans la majorité actuelle par une pension à 1.630 euros, le refinancement des soins de santé ou la hausse du salaire minimum. Il a également réitéré quelques revendications, dont une taxation des hauts patrimoines pour relever les bas et moyens salaires. «En relevant la contribution des 1 ou 2% les plus riches, on peut améliorer les salaires de plus de la moitié des travailleurs», a-t-il affirmé.

La revendication d’une réforme fiscale s’est également retrouvée dans les autres discours de ce 200e congrès. «Demain, la mère de toutes les batailles sera la fiscalité», a clamé le secrétaire général de Solidaris, Jean-Pascal Labille. «Pas seulement sur le travail mais aussi sur le patrimoine». «La justice sociale demande une réforme fiscale rapide», a dit pour sa part le président de la FGTB, Thierry Bodson qui a réclamé une globalisation des revenus et une taxation des surprofits. «S’il n’y a pas de recettes nouvelles, de chaque kern ne sortiront que des demi-mesures».

Si le président du parti s’est gardé d’attaquer directement les autres formations, le président du syndicat s’en est pris en revanche au MR. «Nous devons être plus offensifs à l’égard du MR de Georges-Louis Bouchez», a-t-il dit avant d’accuser les libéraux de bloquer une série de mesures urgentes, dont la taxation des surprofits. Il voit dans M. Bouchez «la modernité ringarde d’un parti conservateur». «Son anti-syndicalisme primaire est la véritable rampe de lancement de l’extrême droite», a-t-il ajouté.

Le PTB a aussi fait les frais des critiques de la FGTB. La semaine passée, le parti marxiste a annoncé l’organisation des «vendredis de la colère». Aux yeux du syndicat, il confond de la sorte les rôles. «On ne les félicite pas car c’est notre job à nous et à personne d’autre. Manifester au rond-point, c’est notre job à nous. En démocratie, il y a le pouvoir et le contre-pouvoir. Et quand on mélange les deux, c’est mauvais pour la démocratie».

«L’année qui commence sera cruciale», a enfin averti M. Magnette devant un auditoire comble. De nombreux mandataires et anciens mandataires étaient présents, y compris des socialistes du nord, comme les anciens présidents Willy Claes et Louis Tobback et l’homme en tête des sondages en Flandre pour le moment: le président de Vooruit, Conner Rousseau.

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