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Préavis de grève le 5 octobre à la place du 18 sur le rail en Belgique

Le front commun syndical avance son préavis de grève sur le rail au 5 octobre, alors qu’une action était initialement prévue le 18 octobre.

Le front commun syndical des cheminots a décidé d’avancer son préavis de grève sur le rail au mercredi 5 octobre, alors qu’une action similaire (de 24 heures) était initialement prévue le 18 octobre, annonce-t-il lundi. Les syndicats entendent, de la sorte, faire pression sur le gouvernement qui entre en conclave budgétaire ce samedi 1er octobre. La date du 18 octobre est en outre toujours maintenue, mais sous réserves.

«Les budgets de l’État se décident maintenant, y compris le budget pour le rail pour les 10 prochaines années», justifie le front commun, pour qui il semble «plus opportun» de mener une action et de faire pression pendant le conclave qu’une fois celui-ci terminé et les décisions budgétaires déjà prises.

Les syndicats revendiquent davantage de ressources pour le recrutement et une adaptation des barèmes. Ceux-ci n’ont plus été revus depuis 2008, déplorent la CGSP Cheminots, la CSC Transcom et le SLFP Cheminots, et le personnel est, lui aussi, touché par la crise énergétique actuelle.

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Les trois organisations ont dès lors décidé de la mise en œuvre d’"un plan d’actions graduel et progressif», qui débutera avec ce dépôt d’un préavis de grève couvrant tous les cheminots du 4 octobre 22h00 au 5 octobre 22h00. En cas de grève, un service minimum de circulation des trains sera mis en place.

Dans la perspective des discussions sur le budget fédéral, les syndicats avaient expliqué la semaine dernière réclamer davantage de moyens pour les chemins de fer belges. Ils mettent notamment en avant les nombreuses suppressions de trains dues à un manque de personnel. Pour eux, il est temps de tirer «la sonnette d’alarme» afin que des mesures urgentes soient prises pour mettre un terme à la détérioration des conditions de travail sur le rail. Ils demandent notamment davantage de moyens pour recruter du personnel et l’amélioration des conditions de travail et du bien-être des employés.

Ces mesures «devront impérativement inclure les moyens indispensables à la conclusion d’un contrat social au sujet, entre autres, des recrutements, conditions de travail et du bien-être du personnel», insiste le front commun lundi.

Il déplore en outre «l’absence de décision concrète de la part du gouvernement sur la conclusion des contrats de service et de performance de la SNCB et d’Infrabel et quant à la définition d’une trajectoire budgétaire permettant de concrétiser les ambitions qu’il a définies».

La «Vision du rail 2040» qu’a approuvée le conseil des ministres prévoit en effet de rendre le train plus attractif afin qu’il constitue la colonne vertébrale de la mobilité et qu’il puisse permettre de rencontrer notamment les enjeux climatiques, rappellent les syndicats. De plus, le gouvernement a décidé d’attribuer les missions de service public pour une durée de 10 ans à la SNCB. Une décision qui doit entrer en vigueur au 1er janvier 2023 afin de respecter la directive européenne, soulignent la CGSP Cheminots, la CSC Transcom et le SLFP Cheminots.

Selon eux, la balle est désormais dans le camp du gouvernement. Sans réponse concrète, une grève de 24 heures se tiendra, donc, le 5 octobre.

Le gouvernement fédéral ne devant entamer son conclave budgétaire que ce samedi, quatre jours à peine avant l’action, la chance qu’il envoie une réponse aux syndicats avant le 5 octobre semble mince. La semaine dernière, les syndicats ne se montraient en effet déjà guère optimistes quant à la possibilité d’en éviter une le 18 octobre.

Ce que confirme Philippe Lejeune, président national de la CGSP Cheminots. «Il faudra un signal très fort et des engagements concrets de la part du gouvernement», prévient-il.

La date du 18 octobre reste, quant à elle, maintenue pour une action, mais sous réserves, précise Philippe Lejeune, président national de la CGSP Cheminots. «Nous verrons bien ce qu’il se passe d’ici là et si des infos positives nous parviennent», explique-t-il. Il attend «une prise de décisions concrètes de la part du gouvernement formalisées dans un document, et non pas juste des promesses de la part du ministre» de la Mobilité Georges Gilkinet.

HR Rail, l’employeur juridique du personnel ferroviaire, a confirmé lundi qu’il avait reçu un préavis de grève. «Les syndicats y soulignent la nécessité pour le gouvernement de fournir des ressources financières suffisantes aux chemins de fer belges», indique sa porte-parole Lieve Claeys. «Entretemps, le dialogue social se poursuit comme d’habitude au sein des entreprises ferroviaires.»

La procédure de service minimum en cas de grève sur le rail, introduite fin 2017, prévoit une réunion de conciliation pour tenter d’éviter cette action. Celle-ci devrait avoir lieu dans les tous prochains jours. «Entre HR Rail et nous, peu de points peuvent être solutionnés», confie toutefois déjà Philippe Lejeune.

En cas d’échec de la conciliation, les travailleurs de la société ferroviaire SNCB et du gestionnaire du réseau Infrabel devront alors faire savoir s’ils travailleront ou non le jour de la grève. En fonction du nombre de personnes prêtes à travailler, il sera ensuite décidé combien et quels trains pourront circuler.

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