Schaerbeek: le CPAS poussait à la fraude sociale!

Une juge dénonce un système.

Une juge dénonce un système.
    Après l'affaire des mariages blancs à Schaerbeek, place au dossier des séparations bidon. Des couples émargeant au CPAS sont invités par l'institution à simuler une séparation afin de pouvoir bénéficier de deux aides plutôt qu'une. Bénéfice: 500 à 700€.

    Karim Fadoul

    Les scandales se multiplient à Schaerbeek. L'affaire des mariages blancs organisés au sein de l'administration communale, par l'épouse d'un collaborateur du bourgmestre en titre Bernard Clerfayt (MR), a visiblement délié certaines langues. Aujourd'hui, celles-ci lâchent l'affaire des séparations bidon organisées au sein du CPAS de la commune.

    Pour faire simple: un couple qui bénéficie du revenu d'intégration au taux ménage, mais qui souhaite toucher plus, est invité par les assistants sociaux à se rendre à la Justice de paix du canton. Là, ils doivent se présenter et simuler une séparation. Un document leur sera remis, lequel sera inclus dans leur dossier à l'aide sociale. Après quelques formalités, le vrai-faux couple touchera deux aides sociales au lieu d'une... En tout: 500 à 700 euros de plus.

    Eric Dierickx, le juge de paix du premier canton de Schaerbeek, qui a vu défiler des dizaines de candidats à la séparation, a décidé de dénoncer publiquement un système, après avoir été alerté le conseiller communal PS Jean-Pierre Van Gorp. “ Des informations me sont revenues après l'affaire Kadiri ” (du nom du conseiller politique de Clerfayt arrêté), raconte le conseiller communal. “ Informations que le juge de paix a confirmées totalement ”.

    La moitié des demandes sont bidon!

    Sur six demandes de séparations que nous traitons chaque semaine, trois proviennent de gens émargeant au CPAS et sont bidon ”, nous explique Eric Dierickx. “ Avant, nous avions beaucoup plus de demandes bidon. Mais vu que j'ai décidé de systématiquement les déclarer irrecevables, le bouche-à-oreille a permis de réduire les demandes de séparations bidons. Toutefois, il y en a encore qui essaient. ”

    Le juge explique la technique. “ Certains couples viennent et réclament spontanément un document de séparation “ pour le CPAS ” comme ils disent. D'autres pensent la jouer plus finement et simulent une mésentente dans le couple. Mais nous savons distinguer au feeling les vraies des fausses séparations.

    Devant le phénomène, le juge a décidé de transmettre tous les dossiers en sa possession à l'Auditorat du Travail. Qui mène l'enquête.