Des milliers de jeunes manifestent à Madrid: le printemps arabe va-t-il gagner l'Espagne?

Des milliers de jeunes manifestent à Madrid: le printemps arabe va-t-il gagner l'Espagne?

AFP

Des milliers de jeunes espagnols ont défilé dans les principales rues du pays pour dénoncer le chômage et les mesures d'austérité. L'Espagne est-elle à l'aube d'un printemps arabe?

Rédaction en ligne

Publié le 19/05 à 10h23

A l'approche des élections municipales de ce dimanche, les jeunes espagnols tentent de faire entendre leur voix.

Ils étaient des milliers, dimanche et lundi, dans les rues de Madrid à manifester leur mécontentement. Le taux de chômage espagnol est le plus élevé de l'Union européenne : 21% de la population active et 45% des jeunes de moins de 25 ans!

Aux cris de “ Nous avons le droit de nous indigner ”, les manifestants, répondant à des appels lancés sur les réseaux sociaux, ont envahi depuis le début le début de la semaine les rues des grandes villes d'Espagne dans l'espoir de faire entendre leur voix avant les élections locales de dimanche.

“ Vous prenez l'argent, nous prenons la rue”, “Si vous ne nous laissez pas rêver, nous ne vous laisserons pas dormir ”, proclamaient des banderoles dépliées à la Puerta del Sol, lieu de rassemblement emblématique au coeur de la capitale espagnole.

La commission électorale avait tenté d'interdire ce rassemblement en estimant qu'il risquait “ de perturber la campagne électorale ”.

Mais plusieurs milliers de manifestants, soit plus que la veille, ont tout de même passé la soirée sur la place. La plus grande partie d'entre eux a commencé à se disperser sous la pluie vers minuit.

La présence policière, très visible quelques heures plus tôt avec une quinzaine de cars de la police anti-émeutes stationnés dans les rues adjacentes et des contrôles de police à l'entrée de la Puerta del Sol, était devenue beaucoup plus discrète en fin de soirée.

“ Nous avons l'intention de rester ici jusqu'aux élections ” de dimanche, a expliqué Juan Rubio, un porte-parole de ce mouvement hétéroclite, rassemblant beaucoup de jeunes, mais aussi des citoyens de toutes origines, chômeurs, fonctionnaires ou retraités, qui réclamant “ une vraie démocratie, maintenant ”.

“ S'ils nous délogent, nous allons nous asseoir, tout se fera de façon pacifique, et s'ils nous délogent définitivement, nous reviendrons demain ”, a promis Juan Rubio.

“ C'est un mouvement en construction, nous sommes encore en train de rassembler nos idées, d'organiser des assemblées pour un changement social ”, a-t-il ajouté.

“ J'espère que cela servira à quelque chose. Ce qui me réjouit le plus c'est de voir des gens de la jeune génération, qui effacent l'idée selon laquelle la jeunesse espagnole ne sait que faire la fête ”, assurait Salvador Guerrero, stagiaire non rémunéré de 28 ans, qui vit avec sa grand-mère, sur une pension de 600 euros par mois pour tous les deux.

Des manifestations semblables, rassemblant en général quelques centaines de personnes, se sont déroulées mercredi dans toutes les grandes villes d'Espagne.

Les manifestants défendent des revendications très disparates, parfois confuses, dénoncent le système politique dominé par deux grands partis, socialiste et conservateur, la “ corruption ” ou réclament plus de justice sociale.