Cancellara a-t-il “dopé” son vélo: notre test en vidéo

 

 
    Le Suisse a-t-il réellement trompé son monde, en utilisant un vélo électrique lors de Paris-Roubaix et le Tour des Flandres? That's THE question. En attendant, nous avons voulu tester cette machine “ tricheuse ”. Voici notre test en vidéo...

    Rédaction en ligne

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    Les soupçons qui pèsent actuellement sur Fabian Cancellara n'honorent pas le cycliste professionnel face à des adversaires supposés rouler à l'eau claire et à la force du mollet. Cette filouterie reste à démontrer mais elle nous a donné l'envie d'enfourcher une de ces bécanes dopées aux électrons. Quand on fume depuis 25 ans et qu'on pèse plus de 80 kg pour un mètre soixante, un test réussi face à un cyclotouriste averti constitue une publicité en soi pour ce mode de transport. On ne vous fait pas languir plus longtemps: l'essai est très positif.

    En route pour le test, donc. Direction: le magasin de cycles de Michaël Bouvy, installé à Philippeville depuis 1997. Un petit topo technique pour commencer. “ Le vélo électrique a débarqué d'Asie voici une dizaine d'années. Cela pesait 36 à 40 kg, c'était muni d'une batterie au plomb. Les performances n'étaient pas formidables et la manipulation était assez difficile. Aujourd'hui, il y a deux types de vélos électriques: celui qui est conçu comme tel dès le départ qui est une machine citadine et le vélo normal que l'on munit d'un kit électrique, beaucoup plus souple à l'emploi. ” Michaël Bouvy distribue la marque BionX. Dans les deux cas, il s'agit maintenant de batteries au lithium-manganèse et les machines viennent du Canada ou de l'Union européenne. Selon les modèles et réglages, on peut obtenir 25 à 300 % d'aide au pédalage, ce qui peut presque transformer un noble vieillard en Terminator du deux-roues...

    De 1.399 à 2.149 euros le kit

    On peut consulter tous les catalogues du monde, c'est encore en posant ses fesses sur la selle qu'on pourra jauger l'intérêt de l'invention.

    Le premier de coup de pédale me surprend car, dès que l'assistance fonctionne, la réaction se situe entre celle du vélo et celle de la moto. Cette surprise passée, j'appuie un peu sur les pédales et, miracle, je me retrouve instantanément à une vitesse de cyclotouriste averti. Saisissant, quand on ne fréquente plus qu'un RAVeL plat comme la main à raison de cinq à dix fois par an... Un coup d'œil derrière. Ça va; Jean-Luc est là, bien à l'aise sur sa machine de course. Plaçons un petit démarrage pour voir. Oh, rien de terrible: le popotin ne s'est pas levé de la selle. En quelques coups de pédale, voilà Jean-Luc et son flambant coursier qui ont pris cinq mètres, puis dix dans la vue. Je l'attends pour faciliter la tâche au vidéaste qui veut poster ce moment d'anthologie sur internet. Il faut voir l'effet en usage courant mais le test est très concluant, d'autant plus qu'on peut recharger l'accu dans les descentes... ou en pédalant plus dur.

    Côté prix, les quatre kits vont de 1399 à 2149€, pour des performances également ascendantes. Deux trucs: certains employeurs remboursent les frais des kilomètres parcourus à vélo. On pourrait amortir le kit en un an. On pourrait aussi obtenir une réduction de l'assurance auto en allant travailler à vélo. Et accessoirement gagner le Ronde en laissant Boonen sur place... mais ça, c'est pas pour moi.