Il doit payer pour photographier sa maison Horta

 J.JACQUEMART

J.JACQUEMART
    C’est à désespérer tout mécène d’investir dans la rénovation! Passionné de Horta, Michel Gilbert possède et rénove 4 édifices du plus célèbre architecte Art Nouveau. Mais on lui réclame des montants astronomiques pour les photos de sa propre maison.

    M.B.

    Passionné par l’œuvre de Horta, Michel Gilbert a englouti des sommes énormes dans l’achat de quatre maisons du maître de l’Art Nouveau. Parmi elles, le superbe hôtel de maître Max Hallet situé avenue Louise. “Je l’ai rénové dans les règles de l’art. Et je suis assez fou pour ne pas la louer à l’année à une ambassade ou à une multinationale. Mais d’y permettre des visites guidées. “ J’ai aussi créé event@Horta pour mettre ce bien en valeur. J’ai une passion folle pour rendre ce bien accessible au public. ” Au risque de l’abîmer? “ Je suis connu pour être très casse-pied! On ne peut y danser et j’y interdis les hauts talons, pour ne pas abîmer le patrimoine. ” Mais c’est avec les héritiers du célèbre architecte bruxellois qu’il a maille à partir. “La Sofam, qui gère les droits à l’image des héritiers de Horta, me réclame des sommes exorbitantes pour les images que j’ai mises sur mon site. ” C’est peu dire que notre mécène est ulcéré. “ La Sofam ne comprend pas bien la différence entre un photographe qui veut faire des photos et les vendre pour se faire de l’argent et moi. Ils me réclamaient 9.000 euros. J’ai négocié et, après une discussion de

    chiffonniers, on est arrivé à une somme de 3.700 euros pour deux ans. ” Michel Gilbert aurait aimé pouvoir entrer en contact avec les héritiers de Victor Horta pour leur expliquer la situation. “ Mais la juriste de la Sofam a refusé de me mettre en contact avec eux. ” Et c’est tout le système qu’il remet en question.“ J’ai aussi acheté, rue Hôtel des Monnaies, l’hôtel Winssinger, qui avait été très mal entre tenu. Quand les travaux seront terminés, j’aurai investi 2 à 2, 5 millions d’euros. Mais, si je veux le faire visiter à des journalistes, des écrivains, des photographes, je devrai encore payer des droits. Je ne trouve pas cela normal. ” Il a donc décidé de faire de la résistance. En mettant une gigantesque banderole sur le Max Hallet. “ La maison n’est plus photographiable. Je peux aussi décider de ne plus l’ouvrir au public, par exemple pour la biennale Art Nouveau qui a lieu en octobre.