L’hôtel de passe du Berger va être démoli

Une institution à Bruxelles.

Une institution à Bruxelles.
    Le Berger, qui abrite depuis des décennies des amours clandestines dans la rue ixelloise du même nom vit ses derniers jours.

    Rédaction en ligne

    Il devrait être démoli pour faire place à un hôtel 3 étoiles. C’est avec une certaine mélancolie que le gérant évoque les 40 années qu’il y a passées.

    “ Jour et nuit, 7 jours sur 7 ” annonce l’enseigne de l’hôtel Le Berger. Reconnaissable à sa façade à colombages, cet hôtel ixellois abrita moultes amours clandestines ou adultères.

    Il fut construit aux alentours de 1935, dans le quartier de la Porte de Namur, alors réputé pour ses nombreuses animations et...la présence de nombreux fonctionnaires dans les immeubles de bureaux des alentours.

    Aujourd’hui, il vit ses derniers jours. Au 31 décembre, il fermera définitivement ses portes.

    “ C’est encore un patrimoine bruxellois qui va disparaître ”, explique Fredy Martens, le gérant. “ Et l’hôtel est connu dans le monde entier! Notamment parce qu’il a été occupé successivement par les Allemands et les Américains durant la dernière guerre. ” Sans toutefois interrompre son activité.

    Et lui, comment s’est-il retrouvé à la tête de ce qu’on appelle communément un hôtel de passe? “ À l’époque, je dirigeais un ensemble de 5 salles de spectacles à Liège. Mais, à 44 ans, j’ai voulu prendre mon indépendance. Ce sont des amis, clients de cette maison, qui m’ont signalé qu’il y avait une affaire à reprendre à Bruxelles. ”

    C’était en 1968, la belle époque pour ce secteur. “ Il nous arrivait de faire 150 occupations sur une journée. Parfois, les gens attendaient qu’une chambre se libère. L’arrivée de la pilule contraceptive nous a beaucoup aidés. ”

    Cela dit, cet alerte octogénaire n’a en rien voulu assouplir le fonctionnement de l’hôtel du Berger, au contraire. “ Je n’ai jamais accepté de prostitution ni les gens venant à plus que deux. Je ne voulais que des couples. Et je n’ai jamais accepté les gays. J’ai toujours voulu quelque chose de digne, que la femme n’ait pas l’impression d’avoir passé une après-midi au bordel. ”

    Pendant très longtemps, cet hôtel de 50 chambres se complétait d’une rôtisserie au rez-de-chaussée et d’un café. Certains ne venaient que pour la rôtisserie, ou que pour l’hôtel. “ Mais il y avait un accès entre les deux. Et on y mangeait dans des alcôves pour deux personnes. ” ”

    M.B.

    Dossier complet dans La Capitale de ce jeudi.