Le faux prince arabe réussit à essayer une Rolls

Il a relevé notre défi. adc

Il a relevé notre défi. adc
    Rouler en Rolls-Royce, sans être millionnaire, est possible. Il suffit, comme nous l’avons fait vendredi, de donner le change en se faisant passer pour un richissime candidat à l’achat.

    Rédaction en ligne

    Avec Abdelkarim Serhani, celui qui s’était fait passer pour un prince arabe, nous avons relevé le défi. Et franchi tous les verrous

    pour rouler un moment

    dans une voiture de légende!

    Rouler un moment dans une voiture de légende, Rolls-Royce, Lamborghini ou autres Ferrari, n’est pas un rêve interdit au salon de l’auto. Nous le prouvons avec la complicité d’Abdelkarim Serhani, jeune Ixellois qui s’était fait passer pour un prince arabe, et avait effectué des achats somptueux à ce titre.

    Ici, rien d’illégal. D’ailleurs, le faux prince s’est rangé et occupe désormais un emploi honnête. Nous nous sommes présentés au stand Rolls-Royce, lui comme fils d’industriel libanais, nous comme son représentant en Belgique. Sans donner de noms, donc sans usurpation.

    Premier verrou passé, la barrière séparant le stand du public. Nous entrons en contact avec Stanislas, vendeur attitré de la marque. Sans problème, celui-ci nous présente, sur stand, les différents modèles de la marque, répondant avec patience aux questions les plus pointues de notre Libanais d’occasion.

    Celui-ci se présente comme un fils d’industriel, terme vague, mais libanais, ce qui a l’air de titiller notre vendeur.

    Sans avoir l’air d’y toucher, Abdelkarim se pose vite en acheteur, pas en simple curieux: il est de passage à Bruxelles, et veut sa première Rolls. Deuxième étape, la présentation statique; cylindrée, aménagements, options, tout y passe au moulin de notre Libanais enfant gâté.

    Premier stress, rentrer à l’intérieur de l’auto. Ca ne se demande pas, çà se suggère à coups de questions. On nous invite après dix minutes à nous asseoir. Pour tester les sièges “ anatomiques ” et détailler le tableau de bord, le bar à l’arrière.

    L’étape suivante, c’est bien sûr le test sur route. Monsieur Asaad, nom d’emprunt, mène la chose avec finesse, parlant performances, vitesse, chevaux Et soulignant à plusieurs reprises le fait que de passage à Bruxelles, il est pressé de s’offrir sa première Rolls.

    Il demande alors un test sur route. Notre vendeur prétexte un rendez-vous à décaler pour en parler avec son chef. Stress: il lui faut dix minutes pour revenir clés en mains. On y va! Une porte dérobée, le parking à l’arrière du palais, nous voila dans une voiture de démonstration. Avec Stanislas au volant, nous partons pour un test qui de Wemmel à Strombeek, va nous balader sur une vingtaine de kilomètres.

    Notre vendeur alliant déférence et discrétion nous fait l’article, y compris sur le tronçon de l’A12 entre Meise et le Heysel. M. Saad doute de ce que la voiture “ a dans le ventre ”.“ Pas de problème, Monsieur”: en dix secondes, 500 chevaux et 7 litres de cylindrée nous plaquent au siège, et nous amènent à 180 km/h. Un rêve pour les Pandores de faction! Mais déjà, il faut décélérer aussi sec. Revoilà le salon, c’est la fin du rêve pour nous. Celui du stand Rolls va durer un peu plus, jusque dans l’après-midi. Quand nous n’aurons pas confirmé par téléphone notre intention de signer!

    L.W.