Tuerie de Liège: le coup de gueule d’Ismaël Saidi, réalisateur et auteur schaerbeekois

Tuerie de Liège: le coup de gueule d’Ismaël Saidi, réalisateur et auteur schaerbeekois

Ismaël Saidi, réalisateur. (Facebook)

Le drame de Liège a laissé libre cours à toute une série de commentaires liés aux origines de l’auteur du carnage, Nordine Amrani. Sur Facebook, un réalisateur et auteur originaire de Schaerbeek a décidé de pousser un coup de gueule.

Rédaction en ligne

Publié le 14/12 à 16h35

Il s’agit d’Ismaël Saidi. Son post a déjà été commenté plus d’une vingtaine de fois. Ismaël Saidi a notamment écrit et mis en scène la pièce “ Ceci n’est plus un couple ” qui évoque une histoire d’amour entre une juive et un musulman.

“ Je m’appelle Ismaël Saidi et je condamne l’acte barbare et odieux commis à Liège hier matin. Je le condamne d’autant plus que je suis père et que je partage la douleur de tous ceux qui ont perdu en enfant, un frère, une sœur, un être cher.

Mais tout en condamnant cet acte, je me refuse de chercher sur internet ou dans la presse des actes similaires commis par des « autochtones » comme le font beaucoup de mes compatriotes aujourd’hui de peur d’être « confondu » avec ce fou furieux.

Je n’ai pas à prouver que la « folie » n’a pas de race ou de religion.

Je ne demande pardon à personne, car je n’ai rien fait. Je ne suis lié ni de près ni de loin à cet acte et la couleur de ma peau ou l’orientation de mes convictions n’ont pas à servir de réceptacle au déversement de haine que j’entends chaque jour.

Je ne suis coupable de rien et ma différence n’est pas semblable à celle des autres et sûrement pas à celle d’un fou furieux, meurtrier.

Je ne suis pas un immigré, je ne suis parti de nulle part, je suis juste né.

J’entends parler aujourd’hui de « l’échec de la politique de l’immigration ».

C’est vrai que l’échec est plus visible, aujourd’hui que les mines ont fermé, que le métro est terminé, que les villes sont créées, cachant de leur ombre ceux qui les ont élevées.

En fait, aujourd’hui j’ai mal. Mal de voir la souffrance des autres, innocents et victimes d’un acte barbare et immonde.

Mal d’être regardé comme lié à cet acte.

Mal d’avoir à justifier jusqu’à ma raison d’être.

Mal d’être un Européen de seconde zone dès qu’un acte grave est commis par quelqu’un, quelque part sous prétexte qu’il a la même origine.

Mal que le 11 septembre 2001, pour moi, est un jour sans fin... ”