C'est quoi cette tache sur la cité administrative? (Vidéo)

L’artiste et le fameux contour de la grotte de la Nativité. A.T.

L’artiste et le fameux contour de la grotte de la Nativité. A.T.
    Vous faites certainement partie de ces nombreux Liégeois qui se sont toujours demandés quelle était cette grosse tache sur la façade de la Cité administrative. Une coulée de bitume? Une repeinture de la façade inachevée ou... une œuvre d'art? Voici la réponse en vidéo

    Rédaction en ligne

    “ Chacun a son explication ou sa petite idée sur ce que ça peut être. Et c'est cela justement que je voulais susciter: le questionnement! ” Celui qui parle ainsi, c'est Nicolas Kozakis (42 ans), un artiste liégeois émigré à Bruxelles, mais qui donne encore cours à l'Académie liégeoise. C'est l'auteur de cette œuvre.

    L'histoire remonte à l'année 2006. Lorsque Laurent Jacob, responsable de l'asbl d'art contemporain “ Espace 251 Nord ”, lance une grande exposition d'art public à Liège. Plusieurs supports sont choisis dans la ville pour leur grande visibilité. La façade de la Cité administrative en fait partie et c'est le projet monumental de Nicolas Kozakis qui est désigné pour l'illustrer.

    “ J'ai voulu poser une grosse énigme, explique l'artiste. D'origine grecque, je me suis passionné pour les miniatures réalisées par les moines orthodoxes représentant des grottes de la Nativité. Et j'ai reproduit ainsi plusieurs contours de ces grottes.

    Cette “ tache ” comme disent la plupart des Liégeois, en est une (voir photo). Je trouve qu'elle allait particulièrement bien sur un bâtiment où tous les Liégeois vont déclarer les naissances de leurs enfants.”

    Bon, pas évident à trouver, il faut bien l'avouer. Si ce n'était une tache, certains pensaient y déceler “ la carte d'un pays ”, “ une cuisse de poulet ”, “ une danseuse ”... Mais d'autres trouvaient aussi de très mauvais goût ce “ trou ” qui faisait penser aux plaies béantes laissées par les deux avions lancés sur les deux tours du World Trade Center à New-York.

    “ C'est vrai que l'œuvre n'a pas été acceptée facilement, reprend Nicolas Kozakis. Parce que le 11 septembre était dans toutes les mémoires. Mais c'était aussi pour moi un moyen d'exorciser nos peurs. ”

    Des peintres acrobates

    Il n'empêche que la réalisation même de cette peinture murale en bitume, de 14 mètres sur 12, a duré deux jours et a demandé beaucoup d'adresse à une équipe de grimpeurs bruxellois. Les mêmes qui avaient restauré les boules de l'Atomium.

    Du coup, lorsqu'il a fallu l'enlever au terme des trois mois de l'exposition, le coût en a freiné plus d'un. Et c'est pourquoi elle est toujours là, 4 ans après.

    “ Il faut dire aussi que, depuis lors, un collectif d'amoureux d'art a pris sa défense et qu'à la longue, cette “ tache ” est devenue une sorte de point de repère dans la Ville ” reprend l'artiste liégeois.

    Dès lors va-t-elle y rester ad vitam eternam? Il paraîtrait que la Ville a dans ses cartons une rénovation complète de la Cité administrative et qu'à cette occasion, l'œuvre disparaîtrait. L'histoire nous le dira...

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