Assesse: 400 aquarelles partent en fumée

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    Le feu s’est déclaré hier matin alors que René Derhet était sorti faire les courses. Les pompiers et même l’ambulance l’attendaient à son retour vers 11h. En l’absence du propriétaire, ce sont les voisins qui ont prévenu les secours.

    Rédaction en ligne

    En milieu de matinée, ils ont aperçu de la fumée noire et épaisse qui sortait de l’atelier de peinture que l’artiste paysagiste René Derhet a construit à l’arrière de sa maison de la rue du Pourrain à Assesse.

    Les pompiers sont arrivés rapidement sur place mais n’ont rien pu faire pour sauver le petit bâtiment et surtout tout ce qu’il contenait. La grande table de dessin d’1m50X1M, le chevalet, les boîtes d’aquarelles (250€/pièce) les pinceaux, même les précieux en poils de martre (d’une valeur de 150 €/pièce), tout est bon à jeter.

    Des aquarelles et des bd

    Bien plus grave encore: les 400 aquarelles qui étaient stockées dans l’atelier et qui représentaient des paysages du Namurois et du Luberon (les deux lieux de prédilection de l’artiste) sont elles aussi bonnes pour la poubelle. Pire, les toiles n’étaient pas couvertes par une assurance spéciale. René les gardait pour les expos et la vente dans une armoire murale qui n’a pas résisté à la chaleur des flammes. Les œuvres les plus anciennes dataient d’il y a 20 ans.

    Une trentaine d’huiles ont aussi subi le même sort. Avec tous les produits inflammables que peut renfermer un atelier de peintre (white spirit, notamment), le feu n’a fait qu’une bouchée de toute une vie de travail acharné et passionné.

    René préparait actuellement une expo pour la galerie d’art Art-Péro de Crupet. En juin, il était prévu qu’il y expose une cinquantaine d’œuvres. “ Je suis bon pour recommencer. Mais je ferai ce que je peux”, prévient-il déjà.

    Heureusement, René n’est pas homme à se laisser abattre même s’il pense avec un pincement de cœur à ces BD de Reiser et de Wolinski disparus. Son atelier était plus qu’un atelier de peinture. “ C’était mon espace de loisirs où je rangeais même mes livres de cuisine. Mais bon que voulez-vous, il faut être fataliste ”, lance-t-il avec un grand sourire. Preuve que notre homme garde le moral: hier, malgré les événements, il a maintenu sa partie de belote hebdomadaire. À l’heure dite, les amis étaient au rendez-vous de René.

    Marie-Claire gillet