Inattendu... La juge lui confisque sa chaise roulante

 VINCENT ROCHER

VINCENT ROCHER
    Du jamais vu! Dans un jugement, la présidente du tribunal de Namur a ordonné une confiscation peu banale: celle de la chaise roulante d'un invalide, prévenu de coups! Détail, qui a son importance: cette confiscation est assortie d'un sursis d'un an.

    Rédaction en ligne

    La justice n'est pas cruelle au point de priver cet handicapé de son seul moyen de déplacement qui, en septembre 2008, s'est transformé en arme redoutable. Voilà qui explique tout.

    La scène se passe dans les couloirs d'un hôpital namurois, le CHR pour ne pas le citer.

    À 22h, le prévenu fait irruption. Et très vite se fait surprendre par le personnel alors qu'il parcourt les couloirs à toute vitesse. Il est à la recherche d'une ancienne voisine hospitalisée à qui il veut rendre visite, malgré l'heure tardive.

    Gentiment, une infirmière lui fait observer qu'il est hors des temps réglementaires pour voir un malade et que dès lors il ferait mieux de quitter calmement l'établissement, en réduisant, si possible, sa vitesse.

    En réaction, le prévenu fou furieux s'emporte et d'un coup sec embraye la marche arrière, direction l'attroupement qui s'est formé autour de lui. Il fonce, “ au risque de blesser quelqu'un ”, relève un témoin.

    Pour le tribunal, la chaise roulante s'est muée en cet instant en véritable arme, capable de blesser. Comme un couteau ou un revolver. Ou même comme le buste de Napoléon avec lequel une Namuroise a tenté de tuer il y a quelques années son mari.

    D'où la confiscation en plus de la peine de 4 mois de prison, également assortie d'un sursis d'un an.