Attentat au Musée juif de Belgique: «Je pense que Mehdi Nemmouche a influencé Nacer Bendrer»

Attentat au Musée juif de Belgique: «Je pense que Mehdi Nemmouche a influencé Nacer Bendrer»

« Nacer Bendrer, au départ, me semblait être davantage un détenu classique. Par contre, par la suite… Mehdi Nemmouche, lui, dès son arrivée nous le suivions », a déclaré le témoin qui était directeur de la prison de Salon-de-Provence entre 2008 et 2011, lorsque Nacer Bendrer et Mehdi Nemmouche y étaient incarcérés.

« Nous savions dès le début que Mehdi Nemmouche avait une propension à imposer une vision rigoriste de sa religion. Cela se traduisait par les comportements vestimentaires, physiques, mais aussi les prières dans les salles d’activité alors que c’est interdit. Il sortait en djellaba, avec tapis de prière… Mehdi Nemmouche est un homme intelligent qui a du charisme. Et il l’exerçait dans le sens de ses convictions religieuses. Je pense qu’il a influencé Nacer Bendrer. En détention, son comportement s’est sans doute calqué sur celui de Mehdi Nemmouche », a poursuivi le témoin. « Était-ce par crainte, par conviction, par admiration ou fascination, ou pour faire plaisir à Mehdi Nemmouche ? Je n’ai jamais su ».

Le témoin a expliqué que la radicalisation de plusieurs détenus au contact de Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer ressortait d’une « arborescence » supposée, autrement dit un ensemble d’informations, « très concordantes » selon lui, recueillies auprès du chef de bâtiment, du chef de la sécurité, du chef de la détention et de plusieurs informateurs au sein de l’établissement pénitentiaire.

« Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer étaient notamment dans le bâtiment C avec un autre homme, d’origine portugaise, qui, par leur influence, a basculé dans un comportement rigoriste. Il s’est auto-circoncis, il ne voulait plus dormir sur son lit, etc. Également, un autre détenu qui avait une ordonnance de médicaments pour des problèmes psychiatriques avait subitement arrêté tout traitement. Il me remontait donc des informations mais aussi des faits ! Des détenus eux-mêmes nous disaient subir des pressions de leur part pour ne plus écouter de musique », a encore exposé l’ancien directeur de prison.

Enfin, ce dernier a évoqué des informations relatives à un projet d’attentat dans l’établissement pénitentiaire.

« Il y a eu un risque d’introduction d’armes et d’explosifs au sein de la prison. Je ne dévoilerai pas la source pour ne pas la mettre en danger mais on avait recoupé plusieurs indices avec des informations des services de renseignement. De ces constats, on a pris la décision de prendre un certain nombre de mesures et notamment de transférer plusieurs détenus vers d’autres prisons. Les moyens en interne (changement d’étage, de bâtiment, etc.) étaient déjà épuisés et nous ne pouvions prendre aucun risque », a expliqué le fonctionnaire.

Mehdi Nemmouche avait ainsi été transféré à la prison d’Avignon. « Il m’a demandé pourquoi il était transféré. Il est sorti de ses gonds et est entré dans une grande colère. C’était, comme je l’ai dit, un homme intelligence et charismatique, mais fragilisé par un côté virulent et impulsif », a-t-il dit.

C’est à ce moment que Mehdi Nemmouche aurait tenu ces propos menaçants au directeur de la prison de Salon-de-Provence : « vous, les suppôts de votre République, vous devriez me supprimer physiquement car dès que j’en aurai l’occasion, je n’aurai de cesse d’éliminer le plus de personnes ». Il aurait ajouté qu’il rejoindrait le djihad et mourrait en martyr dans des attentats.

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