Abonnez-vous à -50%

Le Dakar en route pour le Moyen-Orient?

Le Dakar en route pour le Moyen-Orient?
AFP

On le sait, le Dakar tourne en rond. Le célèbre rallye-raid lancé en 1979 par Thierry Sabine, et qui ralliait Paris à Dakar, a vécu bien des péripéties en quatre décennies. Et notamment une annulation en 2008, pour raisons de sécurité, alors que l’Afrique était en plein chaos islamiste.

Depuis 2009, la plus mythique des épreuves du genre avait migré en Amérique du Sud, tout en gardant le patronyme de la capitale sénégalaise. « Le nom, ou plutôt la marque Dakar, est plus fort que tout », avaient alors dit ses promoteurs.

Comme le Tour de France

Repris en main par ASO (Amaury Sport Organisation), l’ex-transsaharienne est organisée sur le même modèle que les autres produits du Groupe français, à commencer par le Tour de France. A l’image des villes-étapes de la célèbre Grande boucle cycliste qui paient (souvent très cher) pour accueillir les meilleurs cyclistes du monde, ASO a tracé pendant une décennie le parcours du Dakar, à l’aune de ce que voulaient bien payer les pays traversés.

L’Argentine, le Chili, la Bolivie ou le Pérou avaient joué le jeu pour une épreuve « motorisée » qui a le don de susciter les passions en Amérique du Sud. Mais comme on le sait, la dernière édition remportée en janvier dernier par le Qatarien Nasser Al-Attiyah (Toyota Overdrive) n’avait visité que le Pérou, pour une épreuve qui avait alors largement perdu de son sel.

Oman aussi sur les rangs

Face à cette situation, les organisateurs du rallye-raid se devaient de réagir. Et il semble que le salut de l’épreuve pourrait se trouver dès 2020 au Moyen-Orient. Selon nos informations, l’Arabie saoudite serait le premier pays à accueillir les concurrents, alors que le Sultanat d’Oman est déjà annoncé pour 2021.

Un changement de cap qui n’a rien d’étonnant quand on sait les sommes somptuaires que ces pays sont capables de dépenser pour gagner de la visibilité en vue de diversifier leurs ressources vers le tourisme. En quelques années, Bahreïn et Abou Dhabi ont décroché un GP de F1, alors que ces pays et encore d’autres, comme le Qatar (qui a même cassé sa tirelire, et encore plus, pour la Coupe du monde de foot) accueillent également des épreuves motorisées comme le MotoGP ou le WEC (Mondial d’endurance).

Après la Formule E…

Plus récemment (décembre), l’Arabie saoudite a accueilli la manche d’ouverture du championnat de Formule E (voitures électriques) qui, comme on le sait, a le vent en poupe. Un projet de course de nuit est même déjà en chantier pour la deuxième édition de cette épreuve.

Bref, s’ils veulent arrêter de tourner en rond, et retrouver des couleurs par rapport à leur modèle économique, on peut imaginer que les promoteurs du Dakar ont certainement été réceptifs aux avances formulées par cette région du monde, où le rallye-raid est par ailleurs une discipline assez développée : le sable ne manque pas dans le coin.

Et tant pis pour l’Afrique…

Bien sûr, cette rumeur insistante tranche avec celle d’un retour en Afrique, chose qui semblerait tellement naturelle pour cette épreuve. Si ce n’est que le terrain est désormais occupé par l’Africa Eco Race, et que ses promoteurs (des anciens du Dakar ; Jean-Louis Schlesser en tête) ne sont absolument pas en phase avec ceux du Dakar dont les destinées pourraient également être liées à une simple affaire d’egos…

Notre sélection vidéo