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«Grâce à Dieu» une fiction basée sur des faits réels et pas encore jugés de pédophilie dans l’Église autorisé à sortir en salles

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François Ozon a été primé à Berlin pour son film «Grâce à Dieu».
François Ozon a été primé à Berlin pour son film «Grâce à Dieu». - AFP

La défense du père Bernard Preynat, prêtre de Lyon (centre-est de la France) inculpé pour agressions sexuelles dans cette affaire, avait assigné en référé François Ozon pour obtenir un report de la sortie de son film, primé samedi soir du Grand prix du jury à la Berlinale.

«La décision, très bien motivée, reconnaît que le film - avec les avertissements qui l’accompagnent - ne justifient pas les mesures demandées qui menaçaient sa sortie. Nous nous en réjouissons», a indiqué Paul-Albert Iweins, l’un des deux avocats du producteur et du distributeur du film.

Le juge a rejeté la demande de report du film», a confirmé Me Mercinier. «Il considère que le fait d’insérer un carton à la dernière seconde du film indiquant que le père Preynat bénéficie de la présomption d’innocence répond aux exigences de la loi, la culpabilité de ce dernier n’étant dès lors pas présentée comme acquise», a-t-il ajouté.

L’avocat a indiqué également «regretter amèrement cette décision, non seulement dans l’intérêt du père Preynat, mais plus largement dans l’intérêt général». «Présenter durant deux heures comme coupable un homme qui n’a pas encore été jugé comme tel constitue une atteinte à la présomption d’innocence que ne saurait évidemment pas faire disparaître le fait d’écrire ensuite le contraire durant deux secondes», a-t-il estimé.

Me Frédéric Doyez, autre défenseur du père Preynat, a précisé qu’ils allaient faire appel de la décision, mais que cela n’empêcherait pas le film de sortir. «C’est une question de principe», a fait valoir Me Doyez, jugeant que «c’est la porte ouverte au parasitage de l’action judiciaire» par des films.

À Lyon, une autre audience était prévue ce lundi concernant ce film: une ex-membre de ce diocèse, Régine Maire, représentée sous son nom dans le film, a assigné François Ozon pour qu’il retire son nom du film.

«Grâce à Dieu» retrace l’histoire de victimes dans l’affaire Barbarin, un scandale en pleine actualité judiciaire en France. Tourné en secret l’an dernier, «Grâce à Dieu» raconte la naissance de l’association de victimes «La Parole Libérée», fondée à Lyon en 2015 par d’anciens scouts abusés par un prêtre pédophile, Bernard Preynat.

Le sujet est en pleine actualité en France, alors que s’est tenu début janvier à Lyon le procès du cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, et de cinq autres personnes pour non dénonciation d’agressions sexuelles pédophiles. Le jugement est attendu le 7 mars.

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