Grandeur Nature: cap sur Nosy Be, l’envoûtante et sensuelle île aux parfums… (vidéo)

Photos
Grandeur Nature: cap sur Nosy Be, l’envoûtante et sensuelle île aux parfums… (vidéo)

La perle de l’océan indien est située au Nord-Ouest de Madagascar. Elle se mérite : 20 heures de taxi-brousse depuis Antanarivo, la capitale malgache, ou alors, pour la même durée, deux grands oiseaux de fer, un premier depuis Orly avec Air France vous dépose à la réunion, puis un autre avec Air Austral vous parachute près de Hell-Ville. N’ayez pas peur du nom, ce n’est pas la ville de l’enfer, le chef-lieu de Nosy Be a été fondé par les Français en 1841 en l'honneur du gouverneur de La Réunion, le contre-Amiral Louis de Hell. Hell-Ville est une des plus anciennes cités coloniales de Madagascar, c’est Hell, le gouverneur qui lui a laissé son nom…

Première impression de moiteur tropicale en atterrissant quasi directement dans un des milliers de Tuk-Tuk jaunes qui sillonnent l’ile de 321 Km2, deux fois plus grande que la région de Bruxelles-Capitale. Ici le sourire s’affiche sur tous les visages et malgré la pauvreté ambiante, quasi pas de mendicité. Les seuls qui tenteront de vous racketter sont les policiers (ayez toujours votre passeport sur vous)

Arrivé à Ambatoloaka, notre camp de base pendant ce séjour, notre hôte, Jean-Michel Alexandre, le cinacien lauréat des Trophées des Belges du bout du Monde, me fait faire le tour de l’île à la découverte des incontournables, la plage d’Andilana et le Mont Passot au sommet duquel nous admirons le soleil se coucher sur l’ile rouge en nous gratifiant d’un ciel flamboyant chargé de nuages magnifiques et prometteurs : il pleuvra cette nuit et il fera beau demain…

Nous ne sommes pas là pour faire du tourisme, réveil à 5 h du mat pour mettre le cap sur Nosy Faly, une petite île située à une vingtaine de km au large de Nosy Be. C’est là que Jean-Michel et son associé Arthur Besse, ont créé Eko-Kaza, une société de construction écologique. Après un premier chantier dans le village où ils ont construit une maison bioclimatique, ils terminent pour l’instant une villa sur une plage déserte.

Leur procédé de construction, le Super Adobe consiste à compresser de la latérite dans de grands sacs de riz afin d’en faire des murs de terre garantissant une maison fraîche où il n’y a pas besoin de climatiseur, ça tombe bien, hormis quelques panneaux solaires, il n’y a pas d’électricité sur l’île. Les boutres à voile amènent les feuilles de ravinal utilisées pour la toiture, la main d’œuvre est locale, Eko-Kaza n’utilise pas de machinerie lourde. Leur philosophie s’inscrit parfaitement dans le respect de la nature et dans le courant de l’économie bleue de Gunter Pauli.

Les eaux chaudes autour de Nosy Be sont une zone d’alimentation pour le requin baleine. Ici, on appelle ce gros poisson mystérieux Marokintana : les milliers d’étoiles. L’apercevoir de loin, ou mieux partir à sa rencontre sous l’eau, est un grand bonheur. Les chercheurs percent de plus en plus de mystères sur cette espèce ; parmi eux, la biologiste marine bruxelloise Stella Diamant. Regardez ici le reportage que mes collègues Anna Bellissens et Mathieu Alonso lui ont consacré :

Au bout d’une nuit où des pluies torrentielles s’abattent sur l’île, le muezzin m’arrache au lourd sommeil, très vite suivi par les chants sortants de la petite église à côté de l’hôtel Sarimanok. Plutôt que de pester contre ce nouveau réveil intempestif, j’abrège la grasse mat (il est quand même 6h), et je fais ce que je n’ai plus fait depuis des dizaines d’années : je vais assister à la messe du dimanche matin. J’en crois à peine mes yeux, ni mes oreilles, ça chante, ça danse, c’est joyeux et surtout plein à craquer…

La messe durera 3 heures et demie. Je m’éclipse discrètement afin de poursuivre notre reportage au Lémuria Land. Notre Tuk-tuk se perd dans les rizières, c’est bon signe, il va nous arriver quelque chose de bon…Mon intuition se confirme, au détour d’un chemin, nous tombons sur Ryaz Barday, un ancien pilote de ligne reconverti dans le tourisme, l’agriculture, les affaires et…la protection de la nature. Un homme aux 1000 vies, comme les caméléons qui nous entourent et qui se parent de leurs plus beaux atours. C’est la saison des amours…

Ryaz nous embarque dans son pick-up pour nous déposer à sa distillerie d’ylang-ylang, qui jouxte le parc. L’ylang-ylang est la principale ressource agricole de Nozy Be que l’on surnomme l’île aux parfums. Elle fournit Dior et d’autres grands parfumeurs de la planète. Les essences sont distillées ici dans d’imposants alambics bicentenaires…C’est très impressionnant, enivrant, sonore et visuel…Le chauffeur de Tuk-Tuk a bien fait de s’égarer. C’est souvent quand on se perd en chemin que le voyage commence vraiment !

Jules, le jeune malgache nous guide dans le jardin botanique et zoologique du Lémuria-Park. Nous sommes ébahis devant les richesses de la faune et de la flore endémiques à Madagascar. Lémuriens dansent ici en liberté. On retrouve cet ancêtre du petit singe sur les billets de banque mais aussi et surtout dans les parcs naturels et les grandes forêts de l’est.

Ces primates arboricoles se déplacent en sautant de branches en branches. Ils sont omnivores, tendances végétariennes, ils se nourrissent de feuilles, de fleurs, d’écorces ou de fruits. Parfois d’insectes et de petites larves… Ils vivent en solitaires ou en petites bandes, toujours menées par une femelle…Ah, le girl-power 😉

Assoiffés, nous nous désaltérons à l’arbre du voyageur, l’arbre emblématique de Madagascar, comme le baobab. Je demande à Jules où je peux en voir à Nosy-Be. Il n’y a pas sur l’île me dit-il, tu dois aller au sud de Madagascar. Au fond de moi, je suis assez content de ne pas en avoir vu, cela me donnera une raison supplémentaire de venir à Mada, pourquoi pas à Tuléar où les frères N’Java, musiciens de Suarez, envisagent de construire un petit hôtel ? Faudra que je leur parle d’Eko-Kasa. Véloma les amis…

Grandeur Nature à Nosy Be, ce samedi 01 mars entre 16h et 18h sur VivaCité

Notre sélection vidéo