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Les fossoyeurs de Wallonie formés aux bonnes manières de manipuler un cercueil

Les fossoyeurs de Wallonie formés aux bonnes manières de manipuler un cercueil
123RF

Il est essentiel de leur expliquer comment exécuter sans danger cette mission, a indiqué Xavier Deflorenne, expert patrimoine funéraire à la Région wallonne, plus connu sous l’appellation de «Monsieur cimetières».

Depuis trois ans, Xavier Deflorenne dispense, un peu partout en Wallonie, des formations destinées à apprendre aux fossoyeurs à réaliser les bons gestes en procédant à une exhumation. «Les fossoyeurs ne sont pas de simples manoeuvres, il faut leur apprendre à exécuter cette mission sans danger pour eux sachant qu’une exhumation présente des risques biologiques, chimiques, mécaniques car ils peuvent se blesser vu le lieu de travail pas facile d’accès. Mais le plus difficile à supporter, c’est l’odeur et l’état d’un corps humain en décomposition. Il y a une manière de manipuler un cercueil de façon à être le moins possible en contact physique, tactile et visuel avec le corps», a expliqué Xavier Deflorenne tandis que la ministre wallonne des Pouvoirs locaux, Valérie De Bue, était venue se rendre compte des conditions de travail du fossoyeur dans le cadre d’une formation au cimetière de la Bergerie à Seraing.

Une visite qui fait suite au vote du Parlement wallon, il y a un mois, de la réforme du décret funéraire qui définit un certain nombre de mesures en vue d’améliorer la gestion des cimetières et de valoriser le travail des fossoyeurs. «Et parmi ces mesures, il y en a qui concernent les exhumations dans le sens où on les limite à une certaine période de l’année et où on limite également certaines exhumations particulièrement pénibles pour les fossoyeurs», a souligné la ministre De Bue.

A Seraing, c’était la troisième fois qu’une telle formation était organisée. Une dizaine d’exhumations ont ainsi été réalisées au départ de caveaux ayant été repris pour défaut d’entretien au terme d’une période de deux ans d’affichage. Pour l’échevine en charge de l’état civil, Sabine Roberty, ce fut l’occasion de soumettre à la ministre l’idée d’encourager les villes et communes à mutualiser les fossoyeurs. Ce qui a été testé l’an dernier avec la ville de Visé. «Cela a permis de faire un échange de bonnes pratiques et de réduire la durée de fermeture du cimetière puisque l’équipe au travail était plus importante. Dans le cas d’autres communes, cela pourrait éviter de faire appel au privé sachant que l’exhumation pour un caveau de deux corps coûte 900 euros», a-t-elle souligné.

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