Élections 2019: que peuvent faire les gouvernements pour améliorer la santé mentale des Belges?

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Représentant les professionnels de la santé, les usagers et les proches, en Wallonie, à Bruxelles et en Flandre, elles ont érigé sept leviers d’action à mettre en œuvre par les prochains gouvernements.

Près d’un tiers (32 %) des Belges éprouve des difficultés psychologiques (stress, déprime, trouble du sommeil…), soulignent les associations dans leur plaidoyer, en se basant sur des chiffres de l’Institut scientifique de santé publique (ISP).

En outre, 15 % des Belges présentent les signes d’un trouble dépressif, 10 % souffrent de manifestations anxieuses et 14 % ont pensé à se suicider au cours de leur vie, poursuit le plaidoyer du Crésam, la Ligue bruxelloise francophone pour la santé mentale (LBFSM), Steunpunt Geestelijk Gezonheid, Psytoyens, Similes et Uilenspiegel.

« Nous avons besoin de décisions construites avec les professionnels, les usagers et les proches », a souligné Yahyâ Hachem Samii, de la LBFSM. « La santé mentale est trop souvent réduite aux troubles psychiatriques et à une approche médicale. En outre, nous avons besoin de cohérence entre les différentes politiques menées. Les différents niveaux de pouvoir ne vont pas toujours dans le même sens et se contredisent parfois. C’est illisible pour le professionnel et l’usager. »

Sept leviers d’action ont dès lors été définis. Les associations plaident pour que la santé mentale traverse toutes les politiques. Outre la santé ou les affaires sociales, le logement ou le travail par exemple sont également concernés. Les usagers et les proches devraient aussi être impliqués à tous les niveaux du soin, ainsi que pour l’organisation et l’évaluation des services et des politiques de santé mentale.

Le troisième pilier vise à se concentrer sur des pratiques de proximité. Il faudrait développer les initiatives locales pour favoriser le tissu social autour du patient, développer les pratiques communautaires… Bref, favoriser des soins au plus proche des patients.

Il faut aussi que les soins ambulatoires (sans hospitalisation) et résidentiels se complètent, se renforcent et se soutiennent. Être pris en charge dans son milieu de vie présente plusieurs avantages, comme l’inclusion sociale des usagers. « Il faut toutefois respecter la diversité de l’offre. Les soins doivent être prodigués autant que possible dans le milieu de vie mais parfois la solution en institution est nécessaire », explique M. Samii, de la LBFSM.

En outre, si les soins ambulatoires offrent l’avantage d’être plus économiques, « il ne faut pas aborder la question uniquement sous l’angle économique, de la réduction du coût des soins de santé. On sent que c’est la motivation première mais cela aboutit à des mesures linéaires, qui passent à côté des résultats escomptés ».

Le plaidoyer souhaite aussi que les réseaux de santé mentale soient renforcés. Les nouvelles technologies devraient se mettre au service de l’accessibilité des soins et de la relation, plaident encore les associations. Elles demandent qu’une attention particulière soit accordée à la protection des données, plus délicates en matière de santé mentale. Elles demandent également que des opérateurs, comme des services publics ou des universités, soient soutenus pour favoriser le développement de tels outils afin qu’ils ne tombent pas dans les mains d’acteurs ayant des conflits d’intérêts, tels que les industries pharmaceutiques qui poursuivent avant tout un but commercial.

Le dernier pilier demande un investissement « sérieux » dans la santé mentale. Cela permettrait de « réduire les inégalités, de favoriser la paix, de contribuer à la sécurité et la prospérité nationale. C’est un activateur de durabilité sociale, environnementale et économique ». En outre, les problèmes de santé mentale pèsent sur le PIB. Ils engendrent un coût supérieur à 20 milliards d’euros en Belgique, soit plus de 5 % du PIB.

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