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Des paysans-artisans réinventent le métier d’agriculteur

Des paysans-artisans réinventent le métier d’agriculteur
Nicolas Dewaelheyns

« L’agriculture industrielle est dans l’impasse », constate Benoît Dave, coordinateur de la coopérative. « Les exploitations industrielles sont de plus en plus grandes avec de moins en moins d’agriculteurs, souvent endettés et épuisés, dans un secteur dominé par l’industrie agro-alimentaire et les grandes enseignes internationales. L’alimentation industrielle aseptisée, sans goût, aux additifs et composants incontrôlables ne fait plus envie ; pis : elle fait peur. »

« Pourtant dans notre région, des petits producteurs, des paysans-artisans, réinventent avec passion le métier d’agriculteur, lui redonnent sens, en refusant le gigantisme, en misant sur la diversité et la qualité de leurs produits, en privilégiant par choix et par nécessité le contact direct avec le consommateur. Des artisans de plus en plus nombreux transforment ces produits avec créativité et rigueur. »

La coopérative Paysans-Artisans a été créée en 2013 pour promouvoir et faciliter l’accès aux produits de ces producteurs agricoles et artisans transformateurs des communes de Anhée, Yvoir, Floreffe, Fosses-la-Ville, Jemeppe-sur-Sambre, Sambreville, Mettet, Profondeville et Namur.

Un joli succès

« Notre premier métier est la distribution en circuit court sur une dizaine de communes, avec de la vente en ligne (600 commandes par semaine) grâce à une vingtaine de points de dépôt et deux magasins (à Namur et à Jambes). On fait aussi de la commercialisation vers les professionnels : restaurateurs, magasins à la ferme, etc. » La coopérative œuvre également dans l’ombre.

« On aide nos producteurs à se structurer par filière pour qu’ils créent ensemble des outils de transformation, pour qu’ils planifient leur production. »

Depuis sa création, la coopérative jouit d’un joli succès. « On compte 10.000 inscrits dans notre base de données pour les commandes en ligne. Et on emploie actuellement 25 salariés. » Et elle ne compte pas s’arrêter là. « On va ouvrir un abattoir de volailles, une légumerie et une bocalerie. »

Un projet qui n’aurait pas été possible sans l’aide de la Sowecsom. « Notre coopérative avait déjà rassemblé 400.000 €. Et dans le cadre du programme Brasero, qui appuie des coopératives citoyennes, qui sont déjà constituées et ont des projets qui tiennent la route, la Sowecsom a apporté 200.000 euros supplémentaires au capital, ce qui était bien nécessaire. »

« Une coopérative c’est faire du business mais autrement »

Nicolas Reginster, conseiller investissement à la Sowecsom.
Nicolas Reginster, conseiller investissement à la Sowecsom. - D.R.

Le groupe Sudpresse a décidé de mettre à l’honneur les coopératives wallonnes dans ses médias.

« Sudpresse est supporter des initiatives wallonnes », rappelle Emmanuel Radoux, Public Affairs Manager au sein du Groupe Rossel. « Sudpresse souhaite faire remonter les énergies positives. Notre groupe peut vraiment aider à faire connaître les initiatives qui favorisent le développement des TPE (Très Petite Entreprise) et des PME (Petite ou Moyenne Entreprise). » D’une part, chaque mercredi jusqu’au 8 mai, vos journaux Sudpresse vous proposent une série de reportages consacrés à 5 coopératives wallonnes. « Ce sont 5 magnifiques histoires de coopératives qui sont déjà opérationnelles dans les 5 provinces wallonnes. » Elles sont à lire dans La Meuse, La Nouvelle Gazette, La Province, Nord-Éclair et La Capitale. Pour chaque coopérative, un reportage vidéo inédit sera également proposé sur les sites internet des médias du groupe.

La série complète sera à retrouver sur www.sudinfo.be/coop.

Un concours !

D’autre part, un concours nommé #CoopTogether est organisé. « Les lecteurs qui ont une idée avancée et qui est prête à être présentée sont invités à y participer. Toute coopérative a commencé par une idée qui germe. Une coopérative, c’est faire du business mais autrement. C’est dans l’ADN de Sudpresse de soutenir ce genre d’initiatives. Sudpresse est là pour raconter les belles histoires. Nos lecteurs sont invités à déposer leur dossier de candidature sur www.sudinfo.be/coop. L’appel à candidatures démarre ce 10 avril. »

Le jury du concours, présidé par l’homme d’affaires et éditeur belge Luc Pire, se réunira le 22 mai pour sélectionner 3 dossiers.

« Les candidats retenus seront présentés dans les médias de Sudpresse du 29 mai au 18 juin. Nos lecteurs et les citoyens vont pouvoir voter pour élire leur coopérative, c’est le prix du public. Et le 20 juin, le jury va se réunir pour décerner le prix du jury après que chaque projet a été défendu pendant 30 minutes par ses responsables. »

À la clé pour les gagnants ? Emmanuel Radoux, Public Affairs Manager au sein du Groupe Rossel : « 25.000 € d’espace publicitaire dans les médias de Sudpresse, papier ou digital, pour le prix du public. »

Nicolas Reginster, conseiller investissement à la Sowecsom : « La Sowecsom, en partenariat avec PropageS (agence conseil en économie sociale), assistera en coaching et accompagnement personnalisés à hauteur de 15.000 € le prix du jury selon les besoins du projet coopératif gagnant. »

La Sowecsom, le partenaire financier de vos projets d’économie sociale et coopérative

La Sowecsom (Société Wallonne d’Économie Sociale Marchande) vous aide à développer vos projets d’économie sociale et coopérative.

Vous cherchez un financement pour votre coopérative ou votre entreprise d'économie sociale ?

Pour savoir vers quel type de financement vous tourner, rien de plus simple, il suffit de vous pencher attentivement sur les 3 axes de financement développés au sein de la Sowecsom.

Économie sociale marchande

Votre entreprise respecte les critères de l'économie sociale et vous êtes en mesure de présenter un plan financier démontrant la viabilité de votre projet.

Brasero

Vous allez créer une société coopérative ou votre société coopérative développe un nouveau projet, votre entreprise respecte les valeurs du modèle coopératif et vous êtes en mesure de présenter un plan financier démontrant la viabilité de votre projet.

Insertion socio-professionnelle

Vous êtes actif dans le secteur de l’insertion socioprofessionnelle et votre structure est agréée par la Région wallonne en tant que E.T.A (Entreprise de Travail Adapté), E.F.T (Entreprise de Formation par le Travail), O.I.S.P (Organisme d’Insertion Socio-Professionnelle), C.F.P (Centre de Formation Professionnelle) ou Initiative d’Économie Sociale d’Insertion reconnue par la Communauté germanophone.

Flora Kocovski, expert Sowecsom

« La Sowecsom a pour objectif de financer ce type de projets. Notre mesure spécifique Brasero vient doubler le capital apporté par d’autres investisseurs, notamment des citoyens, pour favoriser l’émergence et le développement de projets coopératifs qui répondent aux valeurs coopératives. »

Artisans-Paysans a pu bénéficier du soutien financier de la Sowecsom parce qu’elle répondait à certains critères. « La coopérative a dû nous fournir un business plan pour démontrer la viabilité économique du projet. Il doit relever de l’entrepreneuriat collectif. C’était largement le cas. Et ils sont aujourd’hui 80 producteurs associés à enrichir la vie de l’entreprise et à prendre des décisions. »