Les sans-papiers en marche pour leurs droits en vue des élections de mai prochain

Une des entrées de la gare du Nord.
Une des entrées de la gare du Nord. - E.G.

Vendredi, la Coordination des sans-papiers a dévoilé les revendications qui seront portées. Dans la nuit de mercredi à jeudi, le collectif Not In My Name a collé 500 affiches sur des panneaux électoraux encore vierges.

Une étude sur la situation de quelque 230 sans-papiers a été présentée en vue des élections communales d’octobre 2018. Il a notamment été question de logement et d’accès simplifié à l’aide médicale d’urgence. La Coordination des sans-papiers a présenté vendredi le deuxième volet de cette étude. Il ressort que près de 47% des répondants sont entrés sur le territoire avec un visa de tourisme ou d’étudiant, 41% sans papiers valides et 13% avec une demande d’asile. Environ 62% des personnes interrogées affirment avoir été pendant une certaine période en ordre de séjour sur le territoire. Environ 46% des répondants n’ont jamais introduit de demande de régularisation. Une part équivalente a reçu une réponse négative. De plus, 23% ont déclaré avoir fait des études supérieures. Sur seulement 153 répondants, 89% avancent avoir une expérience de travail en Belgique.

Sur base de cet état des lieux, la Coordination des sans-papiers demande notamment la mise en oeuvre de la proposition de loi déposée par Ecolo en 2006, qui propose 5 critères de régularisation. Il est aussi question de supprimer les centres fermés, d’arrêter les expulsions, de former les sans-papiers aux métiers en pénurie, mais aussi de réviser la loi sur les étrangers de 1980 qui fixe les conditions d’octroi de séjour.

«On veut une politique apaisée, qui ne va pas toujours de manière radicale vers la répression des migrants», défend Serge Bagamboula, porte-parole de la Coordination des Sans-papiers. «Depuis 2014, nous sommes en lutte pour essayer de revendiquer nos droits et avoir une vie digne. Le gouvernement de Charles Michel n’a pas été à notre écoute». Devant l’attention accordée actuellement aux violences faites aux femmes, il souligne que «laisser des femmes sans droits, c’est les exposer à la violence. Elles sont vulnérables et exposées à toutes les formes d’exploitation».

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