Procès des bourreaux de Valentin: la synthèse des interrogatoires montre que personne, à aucun moment, n’a tenté d’intervenir

Killian, Belinda, Dorian, Alexandre et Loïck
Killian, Belinda, Dorian, Alexandre et Loïck - Belga image (montage)

Il ressort des différentes versions que personne, à aucun moment, n’a tenté d’intervenir pour arrêter le cauchemar de la victime. Leurs déclarations n’ont pas permis de dégager une chronologie claire du déroulement de cette nuit du 26 au 27 mars 2017, la plupart des accusés déclarant ne pas s’en souvenir précisément.

Alexandre Hart, qui apparaît comme un meneur, a reconnu mardi avoir poussé Valentin à l’eau. « J’ai tenté de le pousser, déterminé à ne pas faire de la prison. Il montrait énormément de résistance et puis un moment, ça a été tout seul. Je ne sais pas s’il s’est dit tant pis ou si c’est Belinda. J’ai levé les yeux, je ne voulais pas voir », avait-il raconté, impassible, devant la cour.

Belinda Donnay, seule femme dans le box des accusés, n’a pas été très loquace, mercredi. Elle indique n’avoir porté qu’un coup, parce que Valentin criait et a répondu à de nombreuses reprises « je ne sais pas » à la présidente, tout en insistant sur le fait qu’elle avait quitté plusieurs fois le studio ce soir-là, notamment pendant les scènes de masturbation. La jeune femme estime enfin avoir été contrainte de suivre Alexandre au bord de la Meuse et que c’est lui qui a poussé la victime.

Dorian Daniels, de son côté, a regretté de ne pas avoir protégé Valentin. Il est le seul à s’être rendu à la police, trois semaines après les faits. Il a relaté que Belinda s’était avancée avec Alexandre vers la Meuse mais restait légèrement en arrière. « J’ai vu les bras d’Alexandre comme pour le pousser et j’ai tourné la tête. J’ai entendu le plouf. »

Loïck Masson, lui, se distancie du reste du groupe. S’il a reconnu quelques coups, il a principalement chargé Alexandre Hart et les autres, qu’il considère comme « des monstres ». D’après lui, Belinda et Alexandre soutenaient Valentin et l’ont tiré vers l’eau. Quand Alexandre est revenu, il a dit à Loïck que « Valentin nageait avec les poissons ». Lui n’était pas d’accord de tuer la victime, ce qu’a confirmé par la suite Killian Wilmet.

L’interrogatoire de ce dernier a mis en exergue les divergences existant entre les versions livrées par l’accusé depuis les faits. « C’est possible que j’aie inventé certaines choses mais maintenant, non. » Confronté par l’avocate générale et Me Wilmotte, il a cependant été contraint de reconnaître avoir prononcé certaines phrases lors de la reconstitution. Il avait par exemple déclaré que lorsque le groupe était sorti une dernière fois du studio, c’était bien pour jeter Valentin à l’eau et que Belinda l’avait suggéré.

La présidente de la cour d’assises a terminé l’audience en demandant aux accusés s’ils ont réalisé la gravité des faits et pourquoi ils n’ont pas réagi. « Qu’est-ce qui fait qu’on n’arrête pas ? », a-t-elle d’abord demandé à Alexandre Hart. « Je ne sais pas », a-t-il répondu. « Je pense que ça a été comme un engrenage, qui a entraîné tout ça. C’était comme si le monde s’était arrêté, qu’il ne se passait plus rien autour de moi. »

« J’ai réalisé par après la gravité des faits », a poursuivi Belinda Donnay. « Je me suis dit qu’il devait avoir mal. » Dorian Daniels a ensuite confirmé qu’à aucun moment, il n’était intervenu. « Il y a une force plus forte que moi, qui m’a entraîné dans cette spirale infernale. »

« Je me rends compte qu’il avait mal, j’ai demandé plusieurs fois d’arrêter », a enfin déclaré Loïck Masson, tandis que Killian Wilmet n’était « pas en état » et ne sait pas dire ce qu’il ressentait.

Le procès reprendra jeudi à 9h00 avec l’exposé des enquêteurs et du juge d’instruction.

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