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Elections 2019: le PS pour un gouvernement «le plus progressiste possible»

Elections 2019: le PS pour un gouvernement «le plus progressiste possible»

Pour le porte-parole de la campagne, et tête de liste à l’Europe, Paul Magnette, qui observe l’envie des libéraux et des nationalistes de renouer au fédéral, « ce sera soit la N-VA et le MR (…), soit avec nous et sans la N-VA ». Le président du parti Elio Di Rupo souligne lui que c’est son homologue à la N-VA Bart De Wever qui a décrété que ce serait « nooit avec les Ecolos communistes, nooit avec les socialistes mais avec les libéraux ». Pour le PS, pas de gouvernement avec la N-VA donc, pas non plus de discussion institutionnelle car « nous n’imaginons pas d’hypothèse institutionnelle ».

Elio Di Rupo et Paul Magnette ont clarifié ce positionnement à huit jours du scrutin, lors d’une conférence de presse au cours de laquelle M. Magnette a également souligné le peu d’éléments de programme qui rassemblaient PS et MR, et lors de laquelle il a également dit scruter les intentions du cdH vis-à-vis de la N-VA, le caractère progressiste des centristes, étant à ses yeux évolutif selon les jours. Entre-temps, le président du cdH Maxime Prévot a repoussé la perspective d’une participation à une Suédoise bis, indiquant que son parti ne souhaitait en aucun cas « contribuer à la mise en place d’un gouvernement avec la N-VA ».

S’adressant aux « progressistes tentés par le PTB », le président Di Rupo a également insisté ces derniers jours sur l’importance d’un « vote utile à gauche », le parti marxiste se refusant, d’après lui, à dépasser le stade de l’indignation et à prendre ses responsabilités.

Le PS, qui a été mis hors de la majorité fédérale en 2014, après 25 ans de participation ininterrompue, puis du gouvernement wallon en 2017, n’a cessé de dénoncer la « politique de destruction sociale » du gouvernement Michel.

En vue de la formation du nouvel attelage fédéral, il s’engage à revenir sur le report de 65 à 67 ans de l’âge légal de la pension, prévoit la gratuité des soins chez le médecin généraliste et le dentiste, les repas chauds gratuits à l’école, les transports en commun régionaux gratuits pour les Bruxellois et les Wallons (en commençant par les jeunes jusqu’à 25 ans et les plus de 65 ans), la réduction du temps de travail avec maintien du salaire, un salaire horaire minimum à 14 euros, une pension minimum à 1.500 euros nets par mois après une carrière complète, la TVA sur l’électricité à 6 % au lieu de 21 % et un refinancement des services publics. Le tout est notamment financé par une politique fiscale plus redistributive passant par la globalisation des revenus qui organise un prélèvement équitable sur le travail et le capital.

La politique climatique est déclinée de façon transversale dans l’« éco-socialisme » qui doit permettre une baisse de la consommation grâce à l’isolation, la promotion de la mobilité propre et de l’économie circulaire. Les socialistes proposent un plan européen de mille milliards d’euros pour la transition écologique.

Le PS a rappelé il y a une semaine le fil rouge de son programme, le considérant non comme un prérequis exclusif, mais comme un objectif à atteindre avec des partenaires prêts à s’engager sur un accord de gouvernement « le plus progressiste possible ».

Le PS a fait campagne sur le terrain. Il s’est montré relativement discret dans les médias et sur les réseaux sociaux où à l’une ou l’autre exception près, il a été épargné par les polémiques.

Il a également fait campagne avec le sp.a dont il accueille des candidats sur sa liste bruxelloise pour la Chambre. Paul Magnette est allé faire campagne avec le président des socialistes flamands John Crombez dans sa ville d’Ostende. Misant sur l’impossibilité pour la Suédoise de reconduire son alliance, les socialistes de l’ancien Premier ministre Elio Di Rupo entendent bien rester la première famille politique à la Chambre. Dans l’ombre d’Elio Di Rupo, Paul Magnette est, lui, prêt à reprendre le flambeau de la présidence du parti qui viendra à échéance dans les prochaines semaines. Certains parmi ses camarades flamands le verraient bien aussi… Premier ministre. D’autres, parmi ses camarades français n’envisagent pas moins que la présidence de… la Commission européenne.

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