L’horreur au Canada: une enquête dénonce un «génocide» des femmes autochtones

De nombreuses victimes
De nombreuses victimes - CBC News

«Le fait que les Premières nations, les Inuit et les Métis sont toujours là et que leur population augmente ne devrait pas minimiser l’accusation de génocide», indique le rapport obtenu par CBC. «Même si le génocide canadien vise tous les peuples autochtones, il cible particulièrement les femmes, les filles» et les minorités sexuelles, précise le rapport, qui ajoute que face à ces violences, «la société canadienne affiche une indifférence lamentable».

Le gouvernement de Justin Trudeau avait lancé en 2016 une commission nationale d’enquête sur des centaines de meurtres et de disparitions non élucidés de femmes autochtones depuis 30 ans. Cette commission a interrogé près de 2.400 membres des communautés indigènes dans tout le Canada.

Le rapport de 1.192 pages comprend 122 mentions du mot «génocide», selon la chaîne CBC, et dénonce les violences commises envers les femmes autochtones, vivant pour beaucoup dans la précarité au sein de réserves où l’accès à l’eau courante n’est pas toujours assuré.

A la racine de ces maux, le rapport met en cause les «idéologies colonialistes» du gouvernement fédéral, ciblant notamment le système des pensionnats autochtones, institutions mises en place par Ottawa au début du 19ème siècle jusque dans les années 1990 qui visaient à assimiler des dizaines de milliers d’enfants autochtones en les séparant de leurs familles.

Justin Trudeau a fait de la réconciliation avec les 1,6 million d’autochtones une priorité, et a d’ailleurs présenté l’an dernier les excuses de l’Etat canadien pour les pensionnats autochtones.

Le rapport de l’"Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées» recommande au gouvernement la création d’un poste de défenseur national des droits des citoyens indigènes, d’un tribunal spécialisé et d’un organisme de surveillance de la police. Selon la police fédérale, environ 1.200 femmes autochtones ont été victimes de disparitions ou de meurtres non élucidés entre 1980 et 2012, mais le nombre est «vraisemblablement beaucoup plus élevé», avait relevé la commission pendant ses travaux.

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