Les bienfaits de l’alimentation durable pour notre santé

Les bienfaits de l’alimentation durable pour notre santé

Parler d’alimentation durable, c’est aborder la question de l’accès à une alimentation de qualité, respectueuse de la santé, de l’environnement et des hommes. La FAO, The Food Agriculture Organization, définit les régimes alimentaires durables comme étant «des régimes alimentaires ayant de faibles conséquences sur l’environnement, qui contribuent à la sécurité alimentaire et nutritionnelle ainsi qu’à une vie saine pour les générations actuelles et futures. Les régimes alimentaires durables contribuent à protéger et à respecter la biodiversité et les écosystèmes, sont culturellement acceptables, économiquement équitables et accessibles, abordables, nutritionnellement sûrs et sains, et qui permettent d’optimiser les ressources naturelles et humaines ».

Economiquement accessible

« Le système agro-alimentaire (les multinationales) délivre certes de la nourriture à faible coût financier mais à un coût élevé pour l’environnement, la santé humaine et le bien-être animal », explique Valérie Bureau, responsable du Service Promo Santé, à la Mutualité Solidaris du Centre, Charleroi et Soignies. « Il n’a donc pas su assurer l’accès de tous à une alimentation de qualité, c’est-à-dire disponible à proximité de chez soi, économiquement accessible, diététiquement suffisante et équilibrée, respectueuse des travailleurs et de l’environnement. Pire, le système alimentaire mondial contribue à l’augmentation des maladies chroniques dans le monde entier et menace donc la productivité globale ainsi que la durabilité des systèmes de santé », ajoute-t-elle.

Pourtant, lorsque l’on parle d’alimentation durable, on est très vite amené, comme vous l’aurez compris, à privilégier les circuits courts et donc les aliments de saison et locaux. « Or, dans nos supermarchés, l’offre est souvent invariable, quelle que soit la saison. On y retrouve aussi bien des tomates et des fraises en hiver que du panais ou des châtaignes en été ».

Messages de prévention

Afin de consommer de façon éclairée, les messages et les actions d’information et de prévention ne suffisent pas. Il est important de créer les conditions favorables à une consommation plus saine et durable. « Par exemple, faciliter l’accès à une meilleure alimentation en agissant sur le pouvoir d’achat, la proximité de l’offre de qualité, les moyens de transport, les repas servis dans les collectivités, les rythmes de vie... Ce sont autant de facteurs importants », note encore Valérie Bureau.

Pourtant, les bienfaits de l’alimentation durable de de saison sur notre santé sont nombreux. « Les aliments de saison sont bons pour la santé, pour la planète et pour le portefeuille », précise la responsable du Service Promo Santé. « La consommation d’aliments de saison et locaux présente trois intérêts majeurs. Tout d’abord, ces aliments sont moins coûteux puisqu’ils sont produits près de chez nous, sans transports et packaging superflus. Ensuite, la planète nous remercie car les émissions de CO2 émises lors des transports en bateaux, avions, camions sont réduites et les traitements en pesticides sont également diminués voire inexistants (pour le bio). Enfin, notre capital santé est ménagé étant donné que ces matières chimiques sont moins présentes dans nos organismes et que la teneur en vitamines est optimale dans les produits de saison fraichement consommés. Il est en effet plus bénéfique d’aller acheter ses produits frais chez le fermier ou le petit producteur local que de les acheter issus de l’importation depuis des pays lointains tels que le Kenya ou l’Espagne. Petit conseil, prenez toujours connaissance sur l’étiquette du pays de production du produit acheté ».

Plus cher ?

Est-ce plus cher de consommer durable et local, se demandent beaucoup de consommateurs ? « Cela dépend du type de produit dont on parle. Si l’on aborde le bio, il est démontré que ces produits sont plus chers. Cela s’explique par la spécificité de l’agriculture biologique, dont les rendements sont moins importants et le besoin de main-d’œuvre plus important. Ils sont près de 80% plus chers en moyenne que leur équivalents conventionnels selon l’UFC-Que choisir. Mais près de la moitié de ce surcoût est due aux marges de la grande distribution. Ce constat interpelle à plusieurs niveaux. D’une part, en s’octroyant de telles marges, la grande distribution diminue fortement l’accessibilité de ces produits pour les portefeuilles moins bien garnis. D’autre part, cela accentue le déséquilibre entre le revenu dégagé par le producteur et le profit de grande distribution qui dicte ses prix. Nul doute qu’à prix équivalent, il vaut mieux soutenir un producteur local que d’alimenter les bénéfices d’une grande distribution », poursuit Valérie Bureau.

35 recommandations

Avec la crise climatique que nous traversons, il est clair que les changements d’habitudes sont en marche. Une conscience écologique nait chez beaucoup d’entre nous. « Néanmoins, les conditions d’accès ne sont pas égales pour tous. Je prends pour exemple un ménage sans véhicule. Il devient vite laborieux de se rendre chez les producteurs afin d’y faire ses courses. La politique globale en matière d’alimentation doit être revue et cela passe par une réforme complète de notre système alimentaire », précise encore Valérie Bureau, responsable du Service Promo Santé, à la Mutualité Solidaris du Centre, Charleroi et Soignies.

Si le sujet vous intéresse, les propositions de Solidaris en la matière ont été concentrées dans son « Livre blanc » qui met en avant 35 recommandationspour l’amélioration de la politique alimentaire au profit des populations et de leur environnement en agissant tant sur l’offre que sur la demande.

Ce livre est téléchargeable sur www.alimentationdequalite.be.

L.B.

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