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Formation wallonne: PS et Ecolo invitent les députés wallons à jauger un projet de formation social et écologique

Formation wallonne: PS et Ecolo invitent les députés wallons à jauger un projet de formation social et écologique

Socialistes et écologistes invitent les députés à faire connaître d’ici mardi s’ils sont disposés à « soutenir la formation d’un gouvernement » qui se réaliserait sur la base de ce projet de « transition sociale et écologique ».

Commentant l’exercice de consultation réalisé avec la société civile, le PS et Ecolo estiment que « notre démocratie doit se donner de nouvelles méthodes pour qu’il n’y ait pas d’un côté les institutions et de l’autre les citoyens, mais un intérêt partagé à avancer vers une société qui donne sa place à chacun.e et offre un avenir à ses générations futures ».

Cet exercice est d’ailleurs appelé à devenir structurel selon les voeux des socialistes et des écologistes. Ils souhaitent que le prochain gouvernement associe tous les acteurs aux projets qu’il entend mener. Pour cela, il faudra relancer la concertation sociale, densifier les interactions avec la société civile, ainsi que renforcer et élargir les mécanismes de participation citoyenne durant l’ensemble de la législature, indiquent-ils.

« Le prochain gouvernement vise une réduction des gaz à effet de serre de 55 % d’ici 2030 et mettra en œuvre l’ensemble des politiques qui permettent d’atteindre cet objectif. Une Inspection ’Climat et développement durable’ sera mise en place pour y veiller », proposent les partenaires de la coalition minoritaire « coquelicot ».

Au plan Marschall wallon succèderait un « plan de transition sociale et écologique » structuré autour d’un nombre « très limité de projets-phares prioritaires » : transition écologique, transition des savoirs et des savoir-faire, et transition économique et industrielle. L’objectif est de créer, en soutien aux PME et aux indépendants, « des milliers d’emplois de qualité » et de poursuivre le redressement économique de la Wallonie.

L’économie circulaire sera également intégrée dans l’ensemble de l’économie.

Des alliances emploi environnement autour de l’alimentation, de l’isolation ou des énergies renouvelables permettront de travailler sur l’offre et la demande mais aussi sur la formation. Le gouvernement entend isoler 250.000 logements durant la prochaine législature, développer les énergies renouvelables en vue d’atteindre 100 % d’ici 2050 et déployer une transition alimentaire permettant d’atteindre 30 % des surfaces en bio et 30 % agro-écologique d’ici 2030.

L’emploi sera la priorité du gouvernement. Il est question de créer des « gigahubs » destinés à former les jeunes Wallonnes et les jeunes Wallons.

Selon le projet écolo-socialiste, le gouvernement investira dans les « métiers porteurs » et les « métiers d’avenir ». Il accordera une attention toute particulière aux « métiers en pénurie ». Le gouvernement veillera également à maintenir le volume de l’emploi et les moyens financiers alloués aux aides à la promotion de l’emploi (APE), malmenée en fin de législature. Il pérennisera l’activité des centres d’insertion socioprofessionnelle (CISP).

La lutte contre la pauvreté et pour la réduction des inégalités est aussi au coeur de ces lignes directrices, notamment à travers « la création de logements publics bien situés, économes en énergie » mais aussi des logements accessibles financièrement, le développement de l’allocation loyer, la création de nouvelles maisons médicales ou l’isolation des bâtiments. La Wallonie sera par ailleurs particulièrement attentive à l’enjeu des droits des femmes et de l’égalité de genre.

La santé a été un point d’attention fort des acteurs consultés et dès lors du projet de lignes directrices. Une politique de santé centrée autour des « besoins des patients » plutôt que centrée sur les « institutions » est la clé de voûte du projet que le PS et Ecolo mettent sur la table aujourd’hui, visant notamment une politique de prévention et de promotion renforcée, une offre de première ligne mieux encadrée, une organisation territoriale de l’offre avec les acteurs de santé et un encouragement des pratiques multidisciplinaires.

La politique de mobilité sera « réorientée de façon fondamentale » pour investir massivement dans les transports en commun et dans la mobilité active et partagée, tandis que « la construction de nouvelles infrastructures routières sera interdite ».

Pour financer ces objectifs, PS et Ecolo n’annoncent pas encore un catalogue de mesures concrètes mais ils promettent un « budget ambitieux et soutenable » grâce notamment à une fiscalité « plus juste, plus écologique et plus efficace ».

Une stratégie d’aménagement du territoire sera concrétisée pour mettre fin à l’étalement urbain. Des engagements concrets sont également pris pour préserver et restaurer la biodiversité, à travers par exemple la création de 1000 ha / an de nouvelles réserves naturelles, la plantation massive de haies et d’arbres, la reconnaissance de zones Natura 2000 et la programmation de la sortie des pesticides.

Enfin, la Wallonie comme la Fédération Wallonie-Bruxelles entendent promouvoir une autorité publique impartiale et transparente qui rendent confiance aux citoyens. La « commission de déontologie et d’éthique » sera installée. Le gouvernement s’engage à la dépolitisation des recrutements et à la relance de l’Ecole d’administration publique. Le PS et Ecolo souhaitent par ailleurs généraliser le décumul intégral et réformer les indemnités de départ des parlementaires.

Afin de disposer de davantage de marges de manœuvre, il est notamment proposé que le gouvernement agisse pour « infléchir les règles budgétaires européennes en faveur des investissements, en les excluant du calcul des soldes budgétaires ».

La Wallonie doit aussi pouvoir prendre son sort en main : il faudra entamer le processus de reprise du service des droits d’enregistrement et des droits de succession dont le service est encore assuré aujourd’hui par le SPF Finances. Il est également proposé de simplifier certaines démarches et rationaliser une série de niches fiscales, améliorer la collaboration et la concertation entre les communes et les provinces concernant l’établissement des impôts communaux et régionaux et réformer les régimes fiscaux particuliers qui génèrent des effets d’aubaine ainsi que renforcer le contrôle des impôts régionaux.

Enfin, le gouvernement veillera également à assurer une plus grande efficience dans la gestion budgétaire et fiscale. Dans ce cadre, il instaurera une collaboration étroite entre la cellule fiscale, la Direction générale de la fiscalité, le Conseil de la fiscalité et des finances de Wallonie et l’Iweps. Une agence de la dette sera développée au sein de la DGT pour renforcer l’expertise en la matière.