Formation d’un gouvernement wallon: Ecolo a dit oui à une première étape, mais les appréhensions restent vives

Jean-Marc Nollet
Jean-Marc Nollet - Belga image

Après 3 heures 30 d’un débat nourri, le Conseil de fédération des Verts – soit le parlement interne — a décidé de répondre favorablement à l’invitation du PS. Le vote intervenu est sans appel : 40 pour, 6 contre, 9 abstentions. L’ampleur du « oui » n’en fait toutefois pas un oui franc et massif car les appréhensions des écologistes demeurent vivaces et ce n’est pas pour rien qu’à un moment du processus, la coprésidence et les négociateurs devront faire rapport de l’état des discussions avant de poursuivre, a-t-on expliqué à plusieurs sources.

À ce stade, ce n’est pas le parti qui est divisé en deux camps mais plutôt les militants et parlementaires écologistes eux-mêmes. Une question est centrale : Ecolo n’est pas numériquement indispensable à une coalition « arc-en-ciel » qui l’associerait au PS et au MR. Son poids sera-t-il dès lors suffisant dans la négociation d’un accord et, surtout, dans les 5 années de gouvernement à venir pour tenir tête aux autres partis et réaliser ce qu’il a pu obtenir ?

Ecolo redoute d’être coincé. Aussi la question qu’il devra se poser est celle-ci : sera-t-il plus utile dans un gouvernement pour faire avancer ses projets ou dans l’opposition ? Et avec quels ministres libéraux et socialistes ? Face au MR, malgré les discours conciliants de Willy Borsus et Jean-Luc Crucke, le parti est toujours très réservé.

Dans les rangs écologistes, une personnalité apparaît au centre du jeu : le coprésident Jean-Marc Nollet, qui a porté le projet « coquelicot » d’une note de négociation rédigée avec le PS en intégrant de nombreuses contributions de la société civile. Il semble déterminé à aller de l’avant. Il est assisté d’une équipe de négociateurs dirigés par Barbara Trachte, pour la FWB, et Stéphane Hazée, pour la Wallonie, l’un des « cerveaux » d’Ecolo que l’on dit plus perplexe.

La réunion « exploratoire » annoncée par le PS a eu lieu jeudi. Le formateur, Elio Di Rupo, a fait savoir que les négociations se dérouleraient dans la discrétion, à la manière des informateurs royaux désignés le 30 mai pour tenter de démêler l’écheveau fédéral.

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