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Deux mois après les élections, on en est toujours à chercher les conditions d’un dialogue

Deux mois après les élections, on en est toujours à chercher les conditions d’un dialogue
Isopix

A la recherche de gouvernements les plus progressistes possibles, PS et Ecolo, minoritaires, ont fait lanterner le MR en Wallonie et en Fédération Wallonie-Bruxelles - où DéFI reste disponible - pendant une quarantaine de jours. Depuis lors, des discussions exploratoires ont lieu régulièrement à Namur entre le PS, Ecolo et le MR. Sans parler d’enthousiasme, on évoque des discussions constructives. Autour de la table, on retrouve pour le PS, Elio Di Rupo et Paul Magnette, pour Ecolo, Jean-Marc Nollet et Stéphane Hazée, pour le MR, Charles Michel et Willy Borsus. Le directeur du centre d’étude du PS, l’institut Emile Vandervelde, Gilles Doutrelepont, tient la plume. Des groupes de travail sont également mis à l’épreuve.

En Flandre et au fédéral, il n’est toujours pas question de négociations. Après avoir discuté longtemps avec le Vlaams Belang, le formateur flamand Bart De Wever (N-VA) a remis une note au CD&V, à l’Open Vld et au sp.a avant de suspendre toute discussion dans l’attente d’un éclaircissement au fédéral, où la N-VA craint d’être contournée au profit d’un gouvernement fédéral minoritaire en Flandre. La note De Wever envoie notamment des signaux au sp.a. Il y est question de pousser à une diminution du taux de TVA sur l’électricité que le gouvernement Michel avait augmenté, sous la pression... de la N-VA. A l’Open Vld et au CD&V, où les états-majors sont fragilisés, plusieurs chefs de file se sont prononcés contre des gouvernements excluant la N-VA, une hypothèse qu’avait soufflée le PS au lendemain du scrutin. Le président de la Chambre Patrick Dewael a ainsi rejeté l’idée d’une coalition arc-en-ciel avec les écologistes. Ce plaidoyer libéral pousse en faveur de coalitions de type bourguignonne, telle que celle qui, à Anvers, associe la N-VA aux libéraux et aux socialistes.

La législature précédente a vu se cristalliser les relations entre le PS et la N-VA, les deux partis jugeant impensable une participation commune au gouvernement fédéral. En outre, les programmes socio-économiques des deux partis sont aux antipodes et le PS refuse de s’inscrire dans le projet confédéral des nationalistes. Depuis lors, des responsables N-VA - essentiellement le controversé Theo Francken - ont appelé le PS au dialogue.

Les informateurs royaux Didier Reynders (MR) et Johan Vande Lanotte (sp.a) tentent de créer de la «confiance» entre les huit partis épinglés comme pouvant jouer un rôle utile dans la formation d’un gouvernement fédéral, au rang desquels, les deux plus grands, N-VA et PS, ont une responsabilité accrue. A l’oeuvre depuis bientôt deux mois, les informateurs feront lundi un quatrième rapport au Roi qui devrait faire état d’une note devant servir de base aux discussions futures sur la «préformation» d’un gouvernement fédéral. A l’issue des entretiens bilatéraux, les informateurs royaux devaient organiser des entretiens par famille politique et par groupe linguistique. Rien ne filtre de leur mission, effectuée dans la plus grande discrétion. Lundi, faute d’alternative, le Roi pourrait les inviter à poursuivre leur tâche.

Le roi Philippe a lui-même appelé samedi, dans son discours prononcé à l’occasion de la Fête nationale, à un «dialogue ouvert et vrai» pour aboutir. Interrogé dimanche par la RTBF, le président du PS Elio Di Rupo a souligné l’ouverture de son parti au dialogue. D’aucuns y ont vu l’amorce d’un début de négociation possible entre PS et N-VA. Elio Di Rupo a cependant répété que «non», il n’était pas prêt à discuter avec la N-VA. Simplement, «les informateurs royaux imaginent réunir une table de discussion», a expliqué le président du PS. «Avec qui, je ne le sais pas. Si on nous invite à une table de discussion, j’irai discuter», a-t-il dit.