Corine raconte son calvaire sur son lit d’hôpital: «J’avais un pot de chewing-gum vide dans l’auto, je le remplissais d’eau de pluie» (vidéos)

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Avec son compagnon David.
Avec son compagnon David. - AD

Comment allez-vous ?

« Je suis fort faible et très fatiguée. Je n’ai pas beaucoup d’énergie. Mais je suis déjà contente d’être en vie. La situation pourrait être bien pire »

Avez cru que vous alliez mourir durant ces six jours ?

« Non, je voulais m’en sortir. Il n’était pas question que j’abandonne. J’ai toujours espéré que quelqu’un me retrouve. Je pensais énormément à mes enfants et à toutes les promesses que je leur avais faites. Je me suis battue jusqu’au bout. »

C’est l’eau de pluie qui vous a sauvée ?

« Oui mais seulement à partir de dimanche. J’avais un pot de chewing-gum vide dans l’auto. Malgré la douleur, je tendais le bras avec le pot à l’extérieur de la voiture pour le laisser se remplir et puis je buvais. Mais cela me faisait très mal et ça prenait du temps. J’avais aussi un bracelet porte-bonheur en tissu. Il était mouillé et j’aspirais l’eau. »

Et comment avez-vous fait durant la canicule pour tenir le coup ?

« Il faisait très étouffant dans la voiture. Heureusement, deux vitres à l’avant ont éclaté durant l’accident et cela m’a permis d’avoir un peu d’air. Mais à certains moments, je suis tombée dans les pommes. »

Que faisiez-vous durant ces journées interminables ?

« J’étais coincée entre le toit et le siège dans la voiture qui était retournée. Mais je me donnais un objectif de bouger un membre, notamment en tirant sur ma ceinture de sécurité, mais j’avais terriblement mal partout. Quand la douleur devenait trop forte, j’arrêtais et je m’endormais. »

Avez-vous appelé à l’aide ?

« Tous les jours, je criais au secours. J’entendais les voitures passer et parfois, j’avais l’impression qu’il y avait une présence humaine mais personne ne venait. C’était parfois très dur mais j’étais convaincue qu’un jour, on finirait par me retrouver. »

Et c’est finalement Laurence et Olivier qui vous ont sauvé ?

« Quand j’ai entendu les branches craquer, j’ai crié de toutes mes forces. Et j’ai entendu qu’on m’appelait : ‘Corine, c’est toi ?’ J’ai pas compris comment on savait que c’était moi mais ce fut un terrible soulagement. Je les remercie infiniment de m’avoir sauvé la vie. »

Vous attendiez-vous à une telle mobilisation pour vous retrouver ?

« Je me disais qu’un avis de disparition serait bien diffusé. Mais je ne pouvais imaginer que tant de gens se mobiliseraient pour me retrouver. Je n’arrive toujours pas à réaliser »

Pourquoi n’avez-vous pas pu utiliser votre téléphone ?

« Il était dans mon sac mais je ne savais pas où se trouvait mon sac. Je l’entendais régulièrement sonner dans la nuit de mardi à mercredi mais mercredi, il ne sonnait plus. J’ai compris qu’il était déchargé. »

Et comment va se passer la suite à présent ?

« Je dois être à nouveau opérée vendredi pour solidifier la colonne vertébrale. On va me placer des vis. Après, on verra mais j’en ai visiblement pour quelques mois de revalidation. »

Avez-vous un mot à ajouter ?

« Je remercie mes enfants ainsi que tous les gens qui se sont mobilisés »

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