«J’hésitais entre colère et détresse», déplore Richard: à Condé, à la frontière avec la France, il a dû enterrer lui-même son propre père

«J’hésitais entre colère et détresse», déplore Richard: à Condé, à la frontière avec la France, il a dû enterrer lui-même son propre père
Photos : La Voix du Nord

Les soutiens affluent de toutes parts. «  Les gens évoquent les indélicatesses qu’ils ont eues avec des pompes funèbres. On me parle d’urne oubliée, de cercueil trop grand… Être appuyé par autant de personnes, c’est un encouragement.  » En dépeignant les circonstances dans lesquelles son père a été enterré le 3 août à Condé-sur-l’Escaut, en engageant un bras de fer judiciaire avec OGF, le leader français des services funéraires (détenteur des pompes funèbres générales), Richard Bruyère espère «  sensibiliser  » aux dérives et impairs du marché de la mort, rapporte La Voix du Nord.

Le «  combat  » s’est imposé à lui après que l’inhumation de son père a été bâclée : faute de porteurs et de maître de cérémonie, il a dû, avec son frère et deux marbriers, descendre dans la fosse pour mettre le cercueil en terre. «  C’était le 3 août, se remémore-t-il. Les funérailles avaient eu lieu la veille à Caen, mais mon père souhaitait être enterré à Condé-sur-l’Escaut. Lorsque nous sommes arrivés le matin au cimetière, il y avait la camionnette avec le cercueil, les fleurs. Deux marbriers et un chauffeur.  » C’est tout.

«  On a dû se débrouiller pour descendre le cercueil… J’hésitais entre colère et détresse.  » La première s’est affûtée à la suite d’un appel aux pompes funèbres. Alors, Richard Bruyère s’entend dire que la famille sera dédommagée et effectivement, un courrier et une prise en charge de 800 € – la facture totale des obsèques s’élevant à plus de 6 000 € – atterrissent dans la boîte aux lettres. «  Mais je m’attendais à avoir des explications.  »

Les pompes funèbres proposent un dédommagement complémentaire

Pour en obtenir, il s’adjoint les services d’un avocat, Stéphane Dominguez, lequel entend prévoir une action au tribunal civil «  pour demander un dédommagement et une reconnaissance de la responsabilité de la société  ». Reste que si le groupe indique par la voix de Camille Soustra, en charge de la communication, «  comprendre l’émoi légitime de la famille  », il précise aussi que cette prestation avortée devait en fait «  être assurée par une société tierce choisie par l’entourage  ».

«  Cette société de Condé ne répond plus à nos appels  », se défend OGF. «  De toute façon, le groupe a une responsabilité contractuelle  », persiste et signe Stéphane Dominguez. À ce stade, les pompes funèbres indiquent n’avoir reçu «  aucun dossier de la part de l’avocat. Nous allons aller au-devant de la famille pour proposer un dédommagement complémentaire  ».

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