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«Des appels à l’aide de ces opérés quasi au quotidien»

En moyenne, 770 interventions esthétiques sont effectuées chaque jour en Belgique. L’augmentation mammaire, la liposuccion, la chirurgie des paupières, la rhinoplastie et l’abdominoplastie sont les chirurgies les plus réalisées chez nous. Des statistiques qui n’existent pas pour les Belges partis à l’étranger.

« Mais, on remarque qu’ils sont toujours plus nombreux à partir en Tunisie, au Maroc, en Turquie et en Roumanie pour subir une intervention. Comment le sait-on ? Il nous contacte ensuite pour les aider », s’insurge un chirurgien esthétique belge. « Ils sont toujours plus nombreux à nous appeler pour s’assurer que leur opération s’est bien déroulée, pour être informé sur leur convalescence ou pour rattraper les erreurs de chirurgiens étrangers. Si les destinations offrent un cadre idyllique et des prix réduits, les patients ne sont pas suffisamment informés avant l’opération et certaines obligations – comme l’âge, les allergies ou la limite de poids – ne sont pas respectées… Mais le pire, ces opérés n’ont ensuite aucun suivi postopératoire ! »

Aucun suivi

« Les patients sont renvoyés chez eux avec quelques conseils et sont ensuite démunis une fois qu’ils arrivent en Belgique. Je reçois ainsi des personnes avec des infections ou des douleurs persistantes. J’ai aussi aidé une adolescente qui avait subi une augmentation mammaire en Turquie alors que sa poitrine n’était pas encore totalement formée. Les risques pris par ces touristes médicaux sont totalement inconsidérés ! », continue-t-il.

Outre les dangers pour leur santé, ces opérations engendrent des soins supplémentaires en Belgique. Les coûts peuvent vite grimper et font généralement perdre au patient la différence de prix qu’il a gagné en allant à l’étranger. « Certains se retrouvent même dans une impasse financière car ils ne peuvent assumer ces coûts inattendus ».

« Je ne peux pas dire que nous recevons des patients déçus tous les jours mais c’est récurrent. Ces gens sont dans la détresse. J’ai eu un patient hier à 18h et une autre ce matin. Pour l’une, on a placé le premier implant mammaire sous le muscle et le second au-dessous. Nous n’arrivons pas à comprendre pourquoi », s’inquiétait récemment la secrétaire de Esthea clinic à Liège. « C’est frustrant pour nous d’assumer que le postopératoire, nous aimerions en faire plus mais nous faisons face à des limites. Nous ne savons pas comment l’opération s’est passée, quelles ont été les complications. Nous n’avons donc pas toutes les connaissances nécessaires pour les aider pleinement ».

Alison V.