Cédric Taymans après la prestation des Belges aux Mondiaux de judo: «Cette génération a un vrai potentiel»

Matthias Casse, médaillé d’argent en -81, félicité par son vainqueur, l’Israélien Muki.
Matthias Casse, médaillé d’argent en -81, félicité par son vainqueur, l’Israélien Muki. - IJF

Une médaille d’argent avec Matthias Casse en -81 kg, une septième place pour Charline Van Snick en -52 kg et deux neuvième place pour Sami Chouchi en -81 kg et Sophie Berger en -78 kg, le bilan du judo aux 37es championnats du monde à Tokyo (Japon) est jugé positif.

« Sur le tableau d’honneur, nous figurons dans le Top 15 mondial » explique Cédric Taymans, le directeur technique de l’aile francophone (LFBJ). « Une belle place quand on sait qu’il y avait près de 150 nations ici au Nippon Budokan. Maintenant, c’est vrai, on pouvait rêver de deux autres petites breloques pour Charline et Sami. Mais ils ont prouvé qu’on pouvait toujours compter sur eux. On veut toujours plus, c’est le minimum pour un sportif… »

A seulement 22 ans, Matthias Casse est donc champion du monde juniors 2017, champion d’Europe seniors 2019 et vice-champion du monde 2019. « Matthias a bien profité de son statut de tête de série qui l’a protégé dans les premiers tours. Maintenant, il est d’une régularité exceptionnelle cette année, il fait intégralement partie du top 5 mondial, celui qui peut se battre pour l’or à chaque compétition… »

Septième au Grand Chelem de Paris (Fra) pour débuter puis les coups de marteau en bronze à Düsseldorf (Al), Bakou (Aze) et Montréal (Can).

« Il démontre en très grand que cette génération a un vrai potentiel. Tout le monde s’est illustré chez les jeunes, il y a énormément de qualité dans ce groupe… »

Sans oublier les absences sur blessures d’Anne-Sophie Jura en -48 kg et Toma Nikiforov, notre champion d’Europe -100 kg en 2018.

Cedric Taymans.
Cedric Taymans. - Judoinside

Et les regrets qui seront éternels d’abord pour Van Snick, déjà sacrée championne d’Europe en 2015 et 2018 et qui restait sur une 5e place au Mondial de Bakou (Aze) l’année dernière : « Charline a été sortie sans avoir mis un genou à terre puisqu’on l’élimine, deux fois, sur disqualification. L’aspect passivité reste très subjectif. Je suis frappé par son évolution dans une nouvelle catégorie puisque cela fait seulement trois ans qu’elle a quitté les – 58. Septième, ce n’est pas assez pour son niveau. Elle a onze mois pour se préparer pour les Jeux. Elle n’aura pas peur de se regarder dans le miroir pour savoir ce qu’elle doit encore travailler. On peut lui faire confiance. Elle est parmi les cinq meilleures au monde dans sa catégorie. »

K. Van Gansbeke opéré au genou et out pour six mois

Sami Chouchi, vice-champion d’Europe 2018, sortait d’une période délicate avec des éliminations précoces dès le premier tour à Montréal (Can) et Zagreb (Cro) pour ses dernières sorties officielles : « Il n’a pas grand-chose à se reprocher. Je n’avais plus vu depuis longtemps avec autant d’efficacité et de panache. S’il rencontre le Géorgien Maisuradze qui finit 3e en quart de finale, je crois que l’on écrit une autre histoire. Les petites erreurs qu’il commet encore, cela peut passer au premier tour. Mais ici, au troisième tour, cela ne pardonne plus. Ce Georgien a déjà battu Matthias Casse, il ne faut pas l’oublier… »

Seuls soucis, Gaby Willems (coude) et Kenneth Van Gansbeke (genou) rentrent au pays blessés.

« Pour Gaby, il s’agit d’une subluxation. On doit patienter une semaine avant de faire une nouvelle échographie. La suite de son programme dépendra évidemment du verdict. »

Pour Kenneth, par contre, pas de miracle il devra bien passer sur le billard : « Il sera opéré du ligament croisé antérieur au genou le 2 septembre prochain. C’était prévu. Il a eu le mérite d’essayer de combattre parce qu’avec un peu de chance au tirage tu peux parfois grignoter deux ou trois tours et prendre des points pour le ranking mondial. »

Vice-champion du monde 2001 à Munich en -60 kg : « Je ne vis pas dans la nostalgie. Je ne dois pas être comme les autres (rires). C’était l’accomplissement de mes entraîneurs. Avec Didier (Saublen, le DT de l’époque), Kazu (Kawaushiya, son coach) et Michel (Bertrand, le président du JC Wavre, son club de toujours), on avait toujours donné le maximum » explique le Brabançon de 44 ans qui compte aussi une breloque mondiale en bronze (Paris’97).

Un esprit d’équipe sur lequel il insiste avec la complémentarité de son staff : « Ici, Fredo (Georgery) et moi-même sommes en pleine lumière à côté des athlètes mais il ne faut pas oublier le reste de l’équipe avec Nica, Nicole, Damien et Angelo ; les kinés David, Nicolas, Quentin et Elodie ; les Docteurs Julien, Bruno et Jean-François, le tout chapeauté par Stany Deruyver. Il y a de la compétence, des idées et de l’enthousiasme… »

La clôture des qualifs olympique (sans doute) retardée !

Pour le prochain Mondial, il faudra patienter jusqu’en 2021 à Vienne en Autriche, puisque 2020, en judo, est entièrement centralisé sur les Jeux olympiques de Tokyo.

Cette fameuse course olympique qui entre dans sa phase décisive puisque tous les points d’ici à l’arrivée compteront pour 100 % puisque le ranking se décompte avec les six meilleurs résultats (mai 2019-mai 2020) plus les six meilleurs résultats entre mai 2018 et mai 2019 à seulement 50 %.

Les dix-huit premiers – en écartant le Japon, pays organisateur avec un maximum d’un judoka par nation – sont directement qualifiés.

Mais justement cette fameuse ligne d’arrivée pourrait encore… reculer.

« On a toujours parlé de la mi-mai avec l’Euro de Prague qui a lieu à la fin avril » glisse Taymans. « Mais ici, dans les couloirs de Tokyo, on parle maintenant de reculer jusqu’au 30 mai avec, comme conséquence, l’organisation d’un Masters avec 36 qualifiés par catégorie de poids… »

Un second « monstre » en termes de points puisque le Masters 2019 est prévu à Qingdao (Chine), à la mi-décembre avec les seize meilleurs des quatorze catégories présentes aux Jeux.

Dans un championnat du Monde, les performances valent 2.000 points (vainqueur), 1.400 (finaliste), 1.000 (3e), 720 (5e) et 520 (7e) pour 1.800 (or), 1.260 (argent), 900 (bronze), 648 (5e) et 468 (7e) dans le Masters et 1.000, 700, 500, 360 et 260 en Grand Chelem.

C’est dire le point évident d’un second Masters qui pourrait tout remettre en question pour les derniers tickets d’embarquement pour le pays du Soleil Levant…

> LES RESULTATS COMPLETS DES 11 BELGES

MESSIEURS

. Jorre VERSTRAETEN (-60 kg/IJF 20) éliminé au 2e tour par A. Papinashvili (Geo/IJF 3).

. Kenneth VAN GANSBEKE (-66 kg/IJF 30) éliminé au 1er tour par D. Minkov (Blr/IJF 41).

. Dirk VAN TICHELT (-73 kg/IJF 54) éliminé au 1er tour par L. Reiter (Aut/75).

. Matthias CASSE (-81 kg/IJF 4 – ARGENT) battu en finale par Sagi Muki (Isr/2).

. Sami CHOUCHI (-81 kg/IJF 19) éliminé en 1/8e de finale par L. Maisuradze (Geo/29), médaille de bronze.

DAMES

. Amber RYHEUL (-52 kg/IJF 86) éliminée au 2e tour par A. Shishime (Jap/5), médaille de bronze.

. Charline VAN SNICK (-52 kg/IJF 5) battue en quart de finale par N. Kuziutina (Rus/6) puis éliminée en repêchages par J. Ramos (Por/22).

. Mina LIBEER (-57 kg/IJF 33) éliminé au 1er tour par H. Receveaux (Fra/12).

. Gabriela WILLEMS (-70 kg/IJF 27) battue au 2e tour par M. Perez (Pur/8).

. Roxane TAEYMANS (-70 kg/IJF 28) battue au 2e tour par B. Timo (Por/29), médaillée d’argent.

. Sophie BERGER (-78 kg/IJF 73) battue en 1/8e de finale par S. Hamada (Jap/3), médaillée d’argent.

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