Coup de gueule de John Joos à Mons: il estime qu’il aurait pu être échevin et dénonce un déni de démocratie

Coup de gueule de John Joos à Mons: il estime qu’il aurait pu être échevin et dénonce un déni de démocratie
D.R.

En février 2020, l’échevin des Travaux Marc Darville prendra sa retraite et cédera sa place à Stéphane Bernard. Une décision difficile à accepter pour John Joos, tête de file du mouvement Citoyen. « Je pousse un coup de gueule par rapport à la recomposition du collège et à la redistribution des compétences », lance-t-il, tout en tempérant d’emblée : « Je ne suis pas là pour remettre en question le travail de Nicolas Martin, mais je pense que sur le mode de désignation [du nouvel échevin], il y a un gros problème : on passe de 1.000 voix de préférence (Marc Darville, avec 1.178 voix) à 700 voix (Stéphane Bernard, 780 voix). Il y a une question de légitimité. Pour moi ça ne va pas, on touche au sacré, à la démocratie. »

Stéphane Bernard a obtenu le 16e score sur la liste PS aux élections. Le conseiller de 31 ans passe devant d’autres candidats mieux placés, notamment parce qu’il est issu de la section d’Obourg-Havré-Saint-Denis du PS, comme Marc Darville. « Aux élections, on ne fait pas voter les gens par section : cette règle est à mon sens à remettre en question et appartient à l’ancien monde. J’appelle au changement », réagit John Joos, qui cite également le contexte de « crise démocratique actuelle ».

Le leader du mouvement Citoyen avait engrangé 1.043 voix de préférence, soit le 11e score de la liste PS-Citoyen et estime donc avoir la légitimité pour briguer ce mandat. Un sentiment de déjà-vu : « C’est la deuxième fois qu’on outrepasse la démocratie », affirme-t-il, en revenant sur les négociations qui ont suivi le scrutin communal. À l’issue de celles-ci, John Joos s’était vu proposer la présidence de la société de logements sociaux Toit & Moi. Un choix qui, à l’entendre, n’était clairement pas le sien : il espérait des compétences échevinales, au moins celles de la démocratie participative. Dès lors que la liste PS-Citoyen disposait de la majorité absolue et qu’il avait obtenu un score satisfaisant, les conditions auraient dû être réunies. « Mais après le scrutin, durant les négociations, je n’étais pas autour de la table, je n’étais plus un partenaire », regrette-t-il, tout en concédant qu’il était un peu en retrait, à cause de problèmes de santé.

À ce stade, John Joos ne remet pas en cause l’association avec le PS. « Mais mon combat est celui de Di Rupo il y a 20 ans quand il n’est pas devenu bourgmestre à cause d’une règle interne au parti. À l’époque, celui qui était tête de liste était automatiquement bourgmestre. Je ne suis pas un interne du PS mais c’est le même combat pour changer les règles. »

Et de conclure que le PS agit dans la précipitation, le passage de flambeau n’étant prévu qu’en février 2020.

Notre sélection vidéo