45ème Festival du Cinéma Américain de Deauville – Claude Lelouch: «J’ai appris plus de l’Amérique à travers des films indépendants qu’aux Etats-Unis!»

45ème Festival du Cinéma Américain de Deauville – Claude Lelouch: «J’ai appris plus de l’Amérique à travers des films indépendants qu’aux Etats-Unis!»
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Pour le 25e anniversaire de cette compétition, le Festival a convié toutes celles et ceux qui ont présidé ce jury à revenir à Deauville se souvenir l’espace d’une soirée anniversaire, ce samedi soir. Que du beau monde dès lors d’abord sur le tapis rouge à l’entrée du CID (Centre International de Deauville) puis sur la scène du grand auditorium.

Et chacun y est allé de son souvenir. Ainsi, Claude Lelouch s’est souvenu qu’il était presque le seul homme du jury : « Un homme et des Femmes » a-t-il commenté, amusé. « J’étais très heureux d’être ainsi en aussi agréable compagnie. Au cinéma, les femmes rient et pleurent plus facilement. Et puis j’aime leur regard de spectatrice sur les films ».

C’était aussi l’occasion de demander à chacun ce que le cinéma américain leur a apporté. Claude Lelouch, encore lui : « J’ai appris plus de l’Amérique au travers des films américains indépendants présentés ici à Deauville qu’en me promenant aux Etats-Unis ! ».

Jean-Pierre Jeunet se souvient d’une mouette rencontrée en rue et qui semblait faire du lèche-vitrines avant de descendre du trottoir et d’apparaître blessée, incapable d’encore décoller : « C’était comme au cinéma, raconte le réalisateur du « Fabuleux destin d’Amélie Poulain », on passait de la comédie au drame ! ».

Pierre Lescure, l’actuel Président du Festival de Cannes, se souvient, quant à lui, que « je venais de perdre mon job à Canal + ! J’ai pu décompresser durant neuf jours ! ».

Emmanuelle Béart fut aussi présidente du jury : « J’ai découvert des films américains que sans cela, je n’aurais probablement jamais vus. Et puis choisir un film et partager la responsabilité de ce choix avec toute une équipe, j’en garde un très bon souvenir ».

Régis Wargnier se veut plus anecdotique : « On m’avait collé la responsabilité du discours d’hommage à Samuel L.Jackson, cette année-là. Après, on a passé un long moment ensemble à picoler un peu ! Quand on est fan, quel plaisir ! ».

Roman Polanski est plus absorbé par un message arrivé sur son téléphone portable : il y apprend que son film « J’accuse », un thriller politique revisitant l’Affaire Dreyfus, vient de remporter le Grand Prix du jury à Venise. Reprenant ses esprits, le cinéaste franco-polonais déclare se souvenir « de neuf jours bien plus intéressants que ces festivals où l’on a quelque chose à gagner ou à perdre ».

Celles et ceux qui n’avaient pu se libérer pour être présents ce samedi soir à Deauville avaient pris la peine d’envoyer un message vidéo. Ainsi Nicole Garcia a promis de revenir en tant que spectatrice, « la meilleure place » au cinéma selon elle.

Puis, cerise sur le gâteau d’anniversaire, une de plus, le Festival a tenu à offrir à Catherine Deneuve, présidente du jury cette année, « une distinction numérique » quelque peu surprenante : l’institut national audiovisuel lui a ainsi remis une tablette numérique reprenant 350 extraits sonores et visuels (72 heures au total !) la concernant et retraçant toute sa carrière. « Quand je serai déprimée, je regarderai cela avec intérêt. Je regarderai ça avec mes enfants et petits-enfants » a déclaré un peu surprise Madame la Présidente. « Le cinéma m’accompagne toute ma vie, il est indissociable de ma vie ».

Seuls à ce jour Jean-Paul Belmondo, Gérard Depardieu et Robert De Niro ont déjà reçu pareil cadeau pour meubler leurs longues soirées d’hiver !

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